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[Vol. 4.]
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LIVRE XXVIII.

Sept, 1807.

Sensationproduiteen Europepar l’attentatcommissur

Copenhague.

passes, ayant soin de rembarquer à la hâte l’armée qu’elleavait mise à terre, laquelle ne se croyait plus en sûreté dansune ville qu’elle avait ensanglantée, et à l’approche des Fran-çais qui allaient arriver en toute hâte pour venger un tel at-tentat. En passant devant Webeck, Kronenbonrg, et tous lespoints de la côte, cet immense armement naval recueillit lestroupes anglaises, puis il fit voile vers les côtes d’Angleterre.

Il serait impossible d’exprimer la sensation que produisiten Europe l’acte inouï que venait de se permettre, non pas lanation anglaise, qui blâma sévèrement cet acte, mais le mi-nistère de MM. Canning et Castlereagh. L’indignation fut gé-nérale tant chez les amis de la France, peu nombreux alors,car elle avait trop de succès pour avoir beaucoup d’amis, quechez ses ennemis les plus décidés. Il n’existait pas une nationplus estimée que la nation danoise. Sage, modeste, laborieuse,appliquée à son commerce sans chercher à nuire à celui d’au-trui, s’attachant à maintenir scrupuleusement sa neutralité aumilieu d’une guerre acharnée, et, quoique inoffensive, sachant,comme en 1801, se dévouer héroïquement au principe de cetteneutralité qui formait toute sa politique, elle était, comme lesSuisses, comme les Hollandais, l’une de ces nations qui ra-chètent la faiblesse numérique par la force morale, et saventconquérir le respect universel. La surprise dont elle venaitd’ôtre la victime faisait encore plus éclater sa bonne foi, carelle périssait pour n’avoir pris aucune précaution contrel’Angleterre, et pour en avoir trop pris contre la France. Cene fut donc qu’un sentiment et qu’un cri dans toute l’Europe.Auparavant on disait que personne ne pouvait reposer tran-quille à côté du conquérant redoutable enfanté par la Révolu-tion française. Maintenant on disait que l’Angleterre était toutaussi tyrannique sur mer que Napoléon sur terre, qu’elle étaitperfide autant qu’il était violent, et qu’entre les deux il n’yavait ni sécurité ni repos pour aucune nation. C’était là lelangage de nos ennemis, c’était le langage de Berlin et de