FONTAINEBLEAU.
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Vienne. Mais chez nos amis, et chez les hommes impartiaux,on reconnaissait que la France avait bien raison de vouloirréunir toutes les nations contre un despotisme maritime in-tolérable, despotisme qui une fois établi serait invincible,n’admettrait de pavillon que le pavillon anglais, ne souffriraitde trafic que celui des produits anglais, et finirait par fixer àsa volonté le prix des marchandises ou exotiques ou manu-facturées. 11 fallait donc s’entendre pour tenir tête à l’Angle-terre, pour lui arracher le sceptre des mers, et l’obliger àrendre au monde le repos dont il était, à cause d’elle, privédepuis quinze années.
Il est certain que rien, excepté la paix, n’était plus sou-haitable pour Napoléon qu’un événement pareil. Il n’avait plusdésormais à violenter le Danemark, qui allait, au contraire, sejeter dans ses bras, l’aider à fermer le Sund, et lui fournir,ce qui valait mieux que quelques carcasses de vaisseaux, desmatelots excellents, propres à armer les innombrables bâti-ments que la France avait sur ses chantiers. Il pouvait pous-ser les armées russes sur la Suède, pousser les armées del'Espagne sur le Portugal ; il pouvait même exiger à Viennel’exclusion des Anglais des côtes de l’Adriatique; il pouvaitenfin tout demander à Saint-Pétersbourg, car Alexandre, aprèsce qui venait de se passer à Copenhague, ne devait plus ren-contrer dans l’opinion des Russes de résistance à sa politique.Si Napoléon, en ce moment, profitait de la faute de l’Angle-terre, sans en commettre une égale, il était dans une positionunique; il devenait moralement aussi fort par les torts de sonennemi, qu’il l’était matériellement par ses propres armées.En effet, l’inconvénient de son système, de vaincre la mer parla terre, était sauvé, car la violence faite aux puissances con-tinentales pour les obliger à concourir à ses desseins, se trou-vait désormais expliquée et justifiée. S’il fermait les ports desvilles anséatiques, de la Hollande, de la France, du Portugal,de l’Espagne, de l’Italie; s’il condamnait les peuples à se
Sept. 1807..
Avantage
moral
que procuraità Napoléonl’indigneconduite del'Angleterre.