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LIVRE XXVIII.
Sept. 1807.
Jugementsévère porte'même
en Angleterrecontrel’acte deCopenhague.
passer de sucre et de café, à substituer à ces produits destropiques des imitations européennes , coûteuses et fortimparfaites; s’il violentait tous les goûts après avoir vio-lenté tous les intérêts, il avait dans le crime de Copen-hague une excuse complète et éclatante. Mais, nous le répé-tons, il fallait laisser l’Angletterre faillir seule, et ne pas faillirsoi-même aussi gravement: chose difficile, car, dans unelutte acharnée, les fautes s’enchaînent, et il est rare que lestorts de l’un ne soient promptement balancés ou surpasséspar les torts de l’autre.
Napoléon sentit bien l’avantage que lui donnait la conduitede l’Angleterre, et, s’il perdit une espérance d’accommode-ment, espérance qui n’était pas grande à ses yeux, il vit sepréparer tout à coup un concours de moyens, un ensembled’efforts, qui lui promettaient une paix dont les conditionscompenseraient le retard. Aussi ne manqua-t-il pas de dé-chaîner les journaux de France, et ceux dont il disposait horsde France, contre l’acte abominable qui venait d’indignerl’Europe. Ses armées, ses flottes; tout fut, de Fontainebleaumême, et du milieu des plaisirs de cette résidence, préparépour une lutte plus vaste, plus terrible encore que celle quiépouvantait le monde depuis tant d’années.
Du reste, Napoléon n’avait aucun effort à faire pour impri-mer à l’opinion de l’Europe l’impulsion qu’il lui convenait delui donner. En Angleterre même, l’attentat commis sur la villede Copenhague fut jugé avec la plus extrême sévérité. Dansce pays grand et moral, il se trouva, malgré un ministère in-digne, malgré un parlement abaissé, malgré la passion dupeuple pour les succès de la marine nationale, il se trouvades gens éclairés, honnêtes, impartiaux, qui flétrirent l’acteinouï qu’on s’était permis envers une puissance inolfensive etdésarmée. MM. Grenville, Windham, Addington, Grey, Shéri-dan et d’autres encore, se prononcèrent avec véhémence con-tre cet acte odieux, qui n’était, suivant eux, que la parodie