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LIVRE XXVIII.
Sept. 1807.
Vives
explications
entre
lord Goweret le cabinetrusse.
toire et de sa puissance; car il n’y avait qu’une sorte d’agran-dissement fâcheux, qu’il fallût empêcher par tous les moyens,c’était l’agrandissement de la France; mais que si la Russiedésirait la Moldavie et la Valachie, on consentirait à ce qu’elleen fit l’acquisition, pourvu que ce ne fût point par suite d’unpartage des provinces turques avec l’empereur Napoléon.
Les plus compromettantes de ces paroles, celles qu’on nevoulait hasarder qu’avec faculté de les retirer au besoin, furentdites par M. Wilson à M. de Romanzoff, qui les rapporta uninstant après au général Savary. Les autres furent dites parlord Gower lui-mème avec une arrogance qui n’était pas denature à détruire ce qu’elles avaient d’étrange. Cette manièresi leste d’expliquer l’expédition de Copenhague, cette com-mission donnée à la Russie de justifier l’Angleterre auprès duDanemark, étaient à l’égard du cabinet russe une familiaritédes plus offensantes. L’empereur de Russie la ressentit vive-ment , et voulut qu’on accueillit avec la plus grande hauteurles ouvertures de l’Angleterre. A la proposition de justifier àCopenhague l’enlèvement de la flotte danoise, il fit répondrepar une demande formelle d’explications sur ce même sujet,et il exigea de lord Gower qu’il se prononçât sur-le-champ,et d’une manière catégorique, sur la proposition de médiationque le cabinet russe avait adressée au cabinet britannique.Lord Gower, si honorablement connu depuis sous le nom delord Granville, sembla sortir en cette occasion de son indo-lence accoutumée, insista impérieusement pour qu’on lui fitconnaître le secret des négociations de Tiisit, et prétendit que,tant qu’on ne dirait pas ce qu’on avait fait dans cette célèbreentrevue, l’Angleterre se croirait dispensée de toute explica-tion sur ce qu'elle avait fait à Copenhague. Pour ce qui étaitde la médiation russe, lord Gower, pressé définitivement dedéclarer s’il consentait ou non à l’accepter, répondit fièrementque non.
Telle fut l’issue des explications avec lord Gower. Quant