Band 
[Vol. 4.]
Seite
174
JPEG-Download
 

174

LIVRE XXVIII.

sept. 1807. dont la possession ne sourit à personne, qu’il faut de plusenlever à un ancien allié, à un parent, par une sorte de dé-fection qui blesse la délicatesse nationale, et qui fournit desprétextes aux ennemis de l’alliance. Nous devons donc cher-cher ailleurs des raisons spécieuses de notre brusque revire-ment. Dites tout cela à l’empereur Napoléon ; persuadez-luibien que je suis beaucoup moins animé du désir de posséderune province de plus, que du désir de rendre solide, agréableà ma nation, une alliance de laquelle j’attends de grandeschoses... Ah ! répéta l’empereur, si je pouvais aller à Paris ence moment, tout s’arrangerait en quelques instants d’entre-tien ; mais je ne le puis pas avant le mois de mars. — Enproférant ces dernières paroles, l’empereur Alexandre ques-tionnait le général Savary avec une insistance inquiète, poursavoir s’il n’avait rien reçu de Napoléon, s’il n’avait pas laconfidence de ses projets, de ses résolutions à l’égard del’Orient et de l’Occident.

Le général Savary mit un art infini à ne pas découragerl'empereur Alexandre, lui dit avec raison qu’il ne pouvait passavoir encore ce que la continuation de la guerre allait pro-voquer de grandes pensées chez l’empereur Napoléon, maisque certainement il ferait tout pour contenter son puissantallié. M. de Romanzoff fut encore plus explicite que son sou-verain , raconta au général Savary les ouvertures du généralWilson, l’effet qu’elles avaient produit sur l’empereurAlexandre, l’empressement de ce prince à saisir cette occasionde prouver sa fidélité à la France, en ne voulant tenir que desa main ce qu’il pourrait tenir de la main de l’Angleterre. IIlui exprima plus vivement que jamais la résolution de se dé-clarer contre l’Angleterre et la Suède, contre l’Autriche même,s’il en était besoin, afin d’amener cette dernière puissance àla politique de Tilsit. C’est ainsi que, dans le langage du jour(car on s’en crée un pour chaque circonstance), on qualifiaitle système de tolérance qu’on s’était réciproquement promis