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LIVRE XXV11I.
SentimentsquVprouvejNapoléoneu apprenantles
dispositionsde ta Russie,et le prixauquel ou peutacheter sonde'vouement.
Effortsdu généralSébastian!pour dissuadeiNapoléonde tout projetd’alliance avecla Russie,fondée
sur le partagede l'empireturc.
sept. 1807 . rures, et répéta qu’il attendait M. de Tolstoy pour le foirepartir dès qu’on l’aurait définitivement agréé à Paris.
En apprenant ces détails, fidèlement rapportés par le gé-néral Savary, Napoléon fut à la fois satisfait et embarrassé,car il vit bien qu’il pouvait disposer à son gré de l’empereurAlexandre et de son ministre principal ; mais il avait réfléchifroidement depuis Tilsit, et il commençait à penser que c’étaitchose grave que de laisser faire un nouveau pas vers Constan-tinople au gigantesque empire de Pierre-le-Grand, empiredont la croissance depuis un siècle était si rapide qu’elle avaitde quoi épouvanter le monde. Le général Sébastiani de soncôté lui écrivait de Constantinople que les Russes y étaientabhorrés ; que si les Turcs avaient la moindre espérance detrouver un appui auprès de la France, ils se jetteraient eux-mêmes dans ses bras, et qu’au lieu d’avoir à les combattrepour les forcer à devenir sujets de la Russie, il suffirait peut-être d’un léger secours pour les aider à devenir sujets de laFrance; que toutes les parties de l’empire propres par leursituation à devenir françaises, se donneraient spontanémentà nous ; que, dans ce cas, c’est avec l’Autriche et non avec laRussie qu’il faudrait chercher à s’entendre; que l’accord avecl’Autriche serait bien plus facile et plus avantageux, soit qu’onvoulût partager, soit qu’on voulût conserver l’empire ottoman;car si on le partageait, elle demanderait moins, toujours satis-faite que la Russie 11’eût rien sur les bords du Danube ; et, sion se décidait à le conserver, elle se tiendrait pour si heu-reuse d’une telle résolution qu’on aurait son concours avec detrès-faibles sacrifices. Ces diverses idées, qui avaient toutesleur côté spécieux, s’étaient succédé et alternativement com-battues dans l’esprit de Napoléon, dont l’activité ne reposaitjamais, et il ne voulait pas être trop pressé de prendre unparti sur un sujet aussi important. Dans un système d’ambitionmodérée, refuser des satisfactions à l’ambition russe, eût étéfort sage. Mais avec ce qu’on avait entrepris, avec ce qu’on