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LIVRE XXVIII.
Octob. 1807.
Organisationde la flottillede Boulogned’aprèsun nouveausystème.
flottille à la voile, pour la charger de cent cinquante millehommes, comme en 1804. Mais avec cinq à six millions dedépenses, deux mois de temps, en détruisant un cinquièmedes bâtiments, en radoubant les autres, on pouvait embar-quer sur les deux flottilles, hollandaise et française, environ90 mille hommes et 3 à 4 mille chevaux. Cette inspectionterminée et M. Decrès revenu à Paris, Napoléon fut d’avis,comme son ministre lui-même, qu’on ne devait pas retenirplus long-temps les marins de la Hollande pour un serviceaussi éventuel que celui de cette flottille, toujours en partanceet ne partant jamais; qu’il était difficile de faire sortir un aussigrand nombre de bâtiments à la fois de ces petits ports, quibientôt même seraient dans l’impossibilité de les contenir ;qu’il valait mieux diviser cette expédition, renvoyer les marinshollandais chez eux avec une partie de leur matériel, garderles meilleurs bâtiments de guerre, détruire les autres, radou-ber ceux qu’on aurait conservés, et les rendre propres àl’embarquement de 60 mille hommes, placer ensuite les mate-lots hollandais rentrés chez eux à bord de la flotte du Texel,les marins français inutiles à la flottille à bord de l’escadre deFlessingue, et se procurer ainsi, outre la flottille apte à jeterd’un seul coup 60 mille hommes sur les côtes d’Angleterre,les escadres du Texel et de Flessingue aptes à en transporter30 mille des bouches de la Meuse à celles de la Tamise, sanscompter les expéditions qui pourraient partir de Brest et detous les autres points du continent. Cette opinion arrêtée, lesordres furent expédiés, et la flottille de Boulogne, rendueplus maniable, combinée en même temps avec les escadresqui s’organisaient au Texel, à Flessingue, à Brest, à Lorient,à Rochefort, à Cadix, à Toulon, à Gênes, à Tarente, prit placedans le vaste système conçu par Napoléon, système de campsétablis près des grandes flottes, menaçant sans cesse laGrande-Bretagne d’une expédition formidable contre son solou contre ses colonies.