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LIVRE XXVIII.
Octob. i£ot. complète de l’Espagne, et par cette régénération une alliancesincère et utile entre les deux nations. Aussi ne voulait-il, àpropos du Portugal, aucun parti définitif qui l’enchaînât àl’égard de la cour de Madrid. Il aurait pu, par exemple, etc’eût été le parti le plus sûr, donner le Portugal à l’Espagne,moyennant les Baléares, les Philippines, ou telle autre pos-session éloignée. Il aurait ainsi transporté de joie la nationespagnole, en satisfaisant la plus ancienne, la plus constantede ses ambitions; il aurait enchanté la cour elle-même enjetant un voile glorieux sur ses turpitudes ; il aurait fait aimerl’alliance de la France, qui jusqu’ici ne paraissait qu’onéreuseaux Espagnols. Mais agir de la sorte c’eût été récompenser lalâcheté, la trahison, l’incapacité, comme la fidélité la mieuxéprouvée et la plus utile. On ne pouvait guère l’exiger d’unRésolution allié aussi mécontent que Napoléon avait sujet de l’étre. Il v
de Napoléon l r J
de tout laisser avait un autre parti à prendre, c’était de s’approprier, en
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Espagne, échange du Portugal, quelques provinces espagnoles voisinesde notre.frontière, et de se créer un pied-à-terre au delà desPyrénées, comme on en avait un au delà des Alpes, parlapossession du Piémont; politique détestable, bonne tout auplus pour l’Autriche, qui a toujours voulu posséder le reversdes Alpes, et dont le sol d’ailleurs, composé de conquêtes malliées ensemble, n’est pas dessiné par la nature de manière àlui inspirer le goût des frontières bien tracées. S’emparer desprovinces basques et de celles qui bordent l’Ëbre, telles quel’Aragon et la Catalogne, eût donc été une faute contre lagéographie, un moyen assuré de blesser tous les Espagnolsau cœur, et une bien impuissante manière de placer leur gou-vernement sous la dépendance de Napoléon ; car pour soumis,incapable de se défendre, ce gouvernement l’était ; mais ha-bile, actif, dévoué, tel enfin qu’il fallait le souhaiter, il ne leserait pas devenu par l’abandon de l’Aragon ou de la Cata-logne à la France. On l’aurait ainsi rendu plus méprisable,mais non plus fort, plus courageux, plus appliqué.