FONTAINEBLEAU.
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Cette manière de disposer du Portugal était la plus mau-vaise de toutes, et la plus dangereuse. Napoléon n’y inclinaitpas. Cependant il l’avait examinée comme toutes les autres,et même à cette époque, ce qui prouve qu’il y avait pensé, ilfaisait demander à la légation française à Madrid une statis-tique des provinces basques et des provinces que l’Èbrearrose dans son cours. Auprès de lui se trouvait alors un con-seiller dangereux, dangereux non parce qu’il manquait debon sens, mais parce qu’il manquait de l’amour du vrai :c’était M. de Talleyrand, qui, ayant deviné les secrètespréoccupations de Napoléon, exerçait sur lui la plus funestedes séductions, c’était de l’entretenir sans relâche de l’objetde ses pensées. Il n’y a pas pour la puissance de flatteur plusdangereux que le courtisan disgracié qui veut recouvrer safaveur. Le ministre Fouché, ayant perdu en 1802 le porte-feuille de la police, pour avoir improuvé l’excellente institutiondu Consulat à vie, s’était efforcé de regagner son portefeuilleperdu en secondant par mille intrigues la funeste institutionde l’Empire. M. de Talleyrand jouait en ce moment un rôlepareil. Il avait sensiblement déplu à Napoléon en voulantquitter le portefeuille des affaires étrangères pour la positionde grand dignitaire, et il cherchait à lui plaire de nouveau,en le conseillant comme il aimait à l’être. M. de Talleyrandétait du voyage de Fontainebleau. Il voyait depuis l’événementde Copenhague la série des guerres reprise et continuée, laFrance lançant la Russie au nord et à l’orient, pour pouvoirse lancer elle - même au midi et à l’occident, la question duPortugal devenue pressante, et, s’il n’avait pas assez de géniepour juger les arrangements qui convenaient le mieux à l’Eu-rope, il avait assez d'entente des passions humaines pourjuger que Napoléon était plein de pensées encore vagues,mais absorbantes, relativement à la Péninsule. Cette décou-verte faite, il avait essayé d’amener l’entretien sur ce sujet,et il avait vu tout à coup la froideur de Napoléon à son égard
Octub. 1607.
Opinionet conseils«le M. deTalleyrandrelativementaux affairesd’Espagne.