FONTAINEBLEAU.
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main d’une princesse française \ Ainsi ces malheureux Bour- Octob. \m.bons, le père comme le fils, appelaient eux-mêmes, forçaientpresque à se mêler de leurs affaires, le conquérant redou-table, déjà si dégoûté de leur incapacité, et trop disposé à leschasser d’un trône où ils étaient non-seulement inutiles, maisdangereux à la cause commune de la France et de l’Espagne.
On ne s’expliquerait pas ces circonstances étranges, si onne revenait en arrière pour prendre connaissance de ce quise passait depuis une année à la cour d’Espagne. On a vu État
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ailleurs (tomeiv) le tableau de cette cour dégénérée, dominée d'Espagnepar un insolent favori, qui était parvenu à usurper en quel-que sorte l’autorité royale, grâce à la passion qu’il avait inspi-rée vingt ans auparavant à une reine sans pudeur. S’il étaiten Europe un lieu fait pour présenter, dans tout ce qu’il a deplus hideux, le spectacle de la corruption des cours, c’étaitassurément l’Espagne. Derrière les Pyrénées, entre troismers, presque sans communication avec l’Europe, à l’abri deses armées et de ses idées, au milieu d’une opulence hérédi-taire, qui avait sa source dans les trésors du Nouveau-Monde,et qui entretenait la paresse de la nation comme celle de sesprinces ; sous un climat ardent qui excite les sens plus quel’esprit, une vieille cour pouvait bien en effet s’endormir,s’amollir et dégénérer, entre un clergé intolérant pour l’héré-sie mais tolérant pour le vice, et une nation habituée à consi-dérer la royauté, quoi qu’elle fît, comme aussi sacrée que ladivinité elle-même. Vers la fin du dernier siècle, un princesage, éclairé, laborieux, et un ministre digne de lui, Char-les III et M. de Florida-Blanca, avaient essayé d’arrêter la dé-cadence générale, mais n’avaient fait que suspendre un mo-
1 La lettre fort connue dans laquelle Ferdinand demandait à Napoléon saprotection et la main d’une princesse de sa famille, est du 11 octobre. Mais,par des raisons que nous dirons ailleurs, elle ne fut expédiée parM. deBeau-harnais que dans une dépêche du 20, partit le 20 ou le 21 de Madrid, et neput arriver que le 28 à Paris, peut-être le 29 à Fontainebleau. Les cour-riers de Madrid mettaient alors sept ou huit jours pour se rendre h Paris.
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