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LIVRE XXVÏH.
«ctoh. 1807. ment, le triste cours des choses. Sous le règne suivant l’Es-pagne était descendue au dernier degré de l’abaissement, bienque les belles qualités de la nation ne fussent qu’engourdies.Le roi Charles IV, toujours droit, bien intentionné, mais in-capable de tout autre travail que celui de la chasse, regar-dant comme un bienfait du ciel que quelqu’un se chargeât derégner pour lui; son épouse, toujours dissolue comme uneprincesse romaine du Bas-Empire, toujours soumise à l’an-cien garde du corps devenu prince de la Paix, et lui gardantson cœur tandis qu’elle donnait sa personne à de vulgairesamants que lui-même choisissait; le prince de la Paix toujoursvain, léger, paresseux, ignorant, fourbe et lâche, manquant• d’un seul vice, la cruauté, toujours dominant son maître enprenant la peine de concevoir pour lui les molles et capricieu-ses résolutions qui suffisaient à la marche d’un gouvernementavili ; le roi, la reine, le prince de la Paix, avaient conduitl’Espagne à un état difficile à peindre. Plus de finances, plusde marine, plus d’armée, plus de politique, plus d’autoritésur des colonies prêtes à se révolter, plus de respect de lapart d’une nation indignée, plus de relations avec l’Europequi dédaignait une cour lâche, perfide et sans volonté; plusmême d’appui en France, car Napoléon avait été amené parle mépris à croire tout permis envers une puissance arrivéeà cet état d’abjection : telle était l’Espagne en octobre 1807.
Le premier intérêt de la monarchie espagnole, depuisîvca.ienoi qu’enfermée entre les Pyrénées et les mers qui l’enveloppent,efde* colonies elle n’a plus à s’inquiéter ni des Pays-Bas ni de l’Italie, le pre-
ïspaguoles.
mier intérêt c’est la marine, qui comprenait alors l’adminis-tration de ses colonies et celle de ses arsenaux. Ses coloniesne contenaient ni soldats, ni fusils pour armer les colons àdéfaut de soldats. Ses capitaines généraux étaient pour laplupart des officiers si timides et si incapables, que le gou-verneur des provinces de la Plata avait livré sans combatBuenos-Ayres aux Anglais, et qu’il avait fallu qu’un Français,