212
LIVRE XXVIII.
l.*A<A
octob. 1807. visaient en 10 armées ou propres à l’être, 10 mauvaises ou àradouber. Dans tout ce matériel naval, il n’y avait que 6 vais-seaux prêts à faire voile, ayant des vivres pour trois mois àpeine, des équipages incomplets, et leur carène sale au pointde ne pouvoir naviguer. C’étaient les 6 vaisseaux de Cartha-gène, armés et équipés depuis trois ans, et n’ayant jamaislevé l’ancre que pour paraître à l’embouchure du port, et ren-trer immédiatement. Il ne se trouvait pas un vaisseau capablede prendre la mer ni à Cadix ni au Ferrol. A Cadix il y avaità la vérité six vaisseaux armés, mais privés de vivres et d’é-quipages. Les matelots ne manquaient pas ; mais, n’ayant pasde quoi les payer, on n’osait pas les lever, et on les laissaitsans emploi dans les ports. Le petit nombre de ceux qu’onavait levés, au lieu d’être à bord de l’escadre, étaient em-ployés sur des chaloupes canonnières entre Algésiras et Cadixpour protéger le cabotage. Ainsi toute la marine espagnole,en état d’activité, se réduisait à 6 vaisseaux armés et équipésà Carthagène (ceux-ci sans une seule frégate), et à 6 armésà Cadix, mais non équipés. Sur 20 frégates il n’y en avait que4 armées, et 6 capables de l’être. L’avenir était aussi tristeque le présent, car dans toute l’Espagne il n’existait que deuxvaisseaux en construction, et placés depuis si long-temps surchantier, qu’on ne les croyait pas susceptibles d’achèvement.
Les bois, les fers, les cuivres, les chanvres manquaient auFerrol, à Cadix, à Carthagène. Ces magnifiques arsenaux,construits sous plusieurs règnes, et dignes de la grandeurespagnole par leur étendue autant que par leur appropria-tion à tous les besoins d’une puissante marine, tombaient enruines. Les ports s’envasaient. La superbe darse de Cartha-gène se remplissait de sable et d’immondices. Les nombreux
7
Situationdes arsenauxdu Ferrol,de Cadix,
de Cartha- canaux qui mettent le port de Cadix en communication avec
gene.
:% .-~vv
les riches plaines de l’Andalousie, se comblaient de vase etde débris de bâtiments. Il y avait de stthinergé dans ces ca-naux un vaisseau, le Saint-Gabriel, deux frégates, une cor-
\J / ■
V *. -Vv