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[Vol. 4.]
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LIVRE XXVIII.

octob. 1807 . les mêmes causes considérablement diminués en nombre. Onleur devait en 1807 neuf mois de paye, et ils étaient réduitsà tendre la main. Les matelots étaient de même dispersés àl’intérieur ou à l’étranger. Il y en avait à qui il était dû vingt-sept mois de solde. Le peu de ressources dont on pouvait dis-poser servait à appointer un état-major qui eût suffi à plu-sieurs grandes marines. On comptait dans cet état-major ungrand amiral, 2 amiraux, 29 vice-amiraux, 63 officiers ré-pondant au grade de contre-amiral, 80 capitaines de vaisseau,134 capitaines de frégate, plus 12 intendants, 6 trésoriers,11 commissaires-ordonnateurs, 74 commissaires de marine,tout cela pour une puissance maritime réduite à 33 vaisseauxet 20 frégates, sur lesquels 6 vaisseaux et 4 frégates seule-ment armés et équipés! Voilà où en était arrivée la marine del’une des nations du globe les plus naturellement destinées àla mer, d’une nation insulaire presque autant que les Anglais,ayant de plus beaux ports que les leurs, tels que le Ferrol,Cadix, Carthagène; des bois que les Anglais n’ont pas, telsque les chênes de la Vieille-Castille, de Léon, de la Biscaye,des Asturies, de la Ronda; les pins de l’Andalousie, de Mur-cie, de Valence, de la Catalogne; des matières de tout genre,telles que les fers des Pyrénées, les cuivres du Mexique et duPérou, les chanvres de Valence, Grenade, Séville; enfin desouvriers habiles et nombreux, des matelots braves, des offi-ciers capables, comme Gravina, de mourir en héros l Tousces faits que nous venons de rapporter, on les connaissait àpeine à Madrid 1 . Quand on demandait à l’administration es-

1 Le gouvernement espagnol ne savait rien, en effet, ou presque rien «lesdétails que nous rapportons sur l'état de la marine, et de ceux qne nousallons rapporter sur l'armée et sur les finances. Napoléon en connaissait laplus grande partie par ses agents, qui étaient fort nombreux, et fort stimu-les par son incessante curiosité. Mais leurs rapports n’étaient pas la seulesource de ses informations. Lorsque, quelques mois plus tard, il entra enEspagne, les faits relatifs à la marine furent entièrement connus, grâce àune inspection ordonnée dans les ports, et à un travail précieux deM.Munos,