FONTAINEBLEAU.
215
pagnole combien il existait de vaisseaux, ou construits, ou Octob. isot.armés, ou équipés, elle ne pouvait le dire. Quand on lui de-mandait à quelle époque telle division serait prête à lever l’an-cre, elle était encore plus embarrassée de répondre. Tout ceque le gouvernement savait, c’est que la marine était négligée.
11 le savait, et le voulait même. La marine lui paraissait unintérêt secondaire, secondaire pour une nation qui avait à dé-fendre les Florides, le Mexique, le Pérou, la Colombie, laPlata,les Philippines ! L’entreprise de lutter contre l’Angleterre luiparaissait une chimère, une chimère quand la France et l’Es-pagne coalisées av aient des ports tels que Copenhague, le Texel,
Anvers, Flessingue, Cherbourg, Brest, Rochefort, le Ferrol,
Lisbonne, Cadix, Carthagène, Toulon, Gènes, Tarente, Ve-nise, et en pouvaient faire sortir 120 vaisseaux de ligne! Legouvernement, c’est-à-dire le prince de la Paix, avait quel-quefois l’indignité de déverser lui-même la raillerie sur lamarine espagnole; il avait des moqueries au lieu de larmespour Trafalgar! C’est qu’au fond il détestait la France, cettealliée importune, qui lui reprochait sans cesse sa criminelleinertie; et il préférait l’Angleterre, qui lui faisait espérer, s’iltrahissait la cause des nations maritimes, le repos si commodeà sa lâcheté. Aussi, tandis qu’il affectait de mépriser la ma-rine, moyen de lutter contre l’Angleterre, il témoignait une
le plus habile ingénieur de la marine espagnole. Un semblable travail sur l’ar-mée fut ordonné à M. O'Farrill, et sur les finances à M. d’Azanza. Ce tra-vail, exécuté avant l’insurrection générale de l’Espagne, eut pour éléments,ipiant à l’armée, des inspections générales; quant aux finances, les papiersde la caisse de consolidation. Le tout fut envoyé avec les pièces probantesà Napoléon, qui pendant plusieurs mois gouverna l’Espagne de son palais deBayonne. Lh, tout s’éclaircit, et on sut exactement ce qu'on soupçonnaitd’ailleurs, l’état déplorable de l’administration espagnole. C’est dans le re-cueil volumineux et très-curieux de ces papiers, réunis au Louvre avec lespapiers de Napoléon, que sont puisés les renseignements authentiques que jedonne ici sur les affaires administratives de l’Espagne. J’ai fait de tous cesétats une soigneuse confrontation, qui ne me permet pas de concevoir unseul doute sur leur exactitude. MM. Munos, O’Farrill, d’Azanza, n’écrivant