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[Vol. 4.]
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LIVRE XXVIII.

Octob. 1807.

Au titrede

grand amiralle princede la Paix jointcelui de colo-nel generalde la maison 4militairedu roi.

Ce n’était pas assez que de réunir dans les mains du princede la Paix le commandement de toutes les forces de la mo-narchie , on voulut le rendre maître du palais, et en quelquesorte de la personne du roi. On insinua à celui-ci que son filsdénaturé, détaché de ses parents par les funestes influencesde la maison de Naples, entouré de sujets perfides, étaitchaque jour plus à craindre; que l’esprit de désordre, parti-culier au siècle, seconderait peut-être ses mauvais projets, etqu’il fallait que la puissante main d’Emmanuel (c’est ainsi queCharles IV le nommait dans sa confiante amitié) s’étendit surla demeure royale, pour la préserver de tout péril. En consé-quence le prince fut encore nommé colonel général de lamaison militaire du roi. Dès cet instant il commandait dans lepalais même, et il était le chef de toutes les troupes compo-sant la garde royale. A peine avait-il reçu ce nouveau titre,qui complétait sa toute-puissance, qu’il se hâta de faire subirdes réformes aux divers corps de la garde. Il existait, indé-pendamment de deux régiments à pied, l’un dit des gardesespagnoles, l’autre des gardes wallones, lesquels présentaientun effectif de six mille hommes, un régiment de cavaleriequ’on appelait les carabiniers royaux, et ensuite une trouped’élite qui était celle des gardes du corps, distribuée en quatrecompagnies, Vespagnole, la flamande, l'italienne, l’ américaine,rappelant par leurs titres toutes les anciennes dominationsespagnoles. Ce corps, le plus éclairé de tous, grâce au choixdes hommes dont il était composé, et bon juge de ce qui sepassait en Espagne, n’inspirait pas au prince de la Paix uneentière confiance. Le prince imagina de le dissoudre, sousprétexte de faire cesser des dénominations qui ne répondaientplus à la réalité des choses, et de le former en deux com-pagnies seulement, désignées par les titres de première etseconde. 11 profita de l’occasion pour en faire sortir tous lessujets dont il se défiait, et particulièrement beaucoup d’émi-grés français, qui avaient cherché asile auprès des Bourbons