FONTAINEBLEAU.
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d’Espagne, et qui, dévoués de corps et d’âme au bonCharles IY, étaient cependant, à cause de leur meilleure édu-cation, plus capables que les autres de juger l’indigne adminis-tration qui déshonorait la monarchie. Emmanuel Godoy en lesexcluant écartait d’honnétes gens qu’il redoutait, et donnaitcours à sa haine à chaque instant croissante contre la France.
Emmanuel Godoy ne se borna pas à cette mesure. Il créason frère grand d’Espagne, et le nomma colonel du régimentdes gardes espagnoles. Enfin il choisit pour lui-même unegarde dans les carabiniers royaux. Toutes ces précautionsprises, il fit sonder l’un après l’autre les membres du conseilde Castille dont il croyait pouvoir disposer, afin de les pré-parer à un changement dans l’ordre de successibilité au trône.Les conseils de Castille et des Indes étaient deux corps quitempéraient l’autorité absolue des rois d’Espagne, comme lesparlements tempéraient celle des rois de France. Cependantil y avait une différence dans leurs attributions; car, outreune juridiction d’appel qui leur appartenait sur tous les tribu-naux du royaume, ils avaient des attributions administratives,le conseil de Castille relativement aux affaires intérieures duroyaume, le conseil des Indes relativement aux vastes affairesdes possessions d’outre-mer. Par une suite séculaire de laconfiance royale, et du besoin qu’a toute royauté de s’entourerd’un certain assentiment public, aucune grande affaire de lamonarchie n’était résolue sans prendre l’avis de ces deux con-seils. Le prince de la Paix, qui avait déjà introduit dans leursein bon nombre de ses créatures, voulait naturellements’assurer leur concours pour ses projets criminels. Mais toutasservis qu’ils étaient, ils paraissaient peu enclins à se prêterà un changement dans l’ordre de succession au trône. Oncontinuait toutefois à les travailler secrètement, et on prati-quait les mêmes menées auprès des colonels des régiments.Le langage auprès des uns et des autres consistait à dire quele prince des Asturies était à la fois incapable et méchant, et
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Octob. 1807.
Intriguestlu princede la Paixauprèsîles conseilsde Castille etdes Indespour s’assurerla régence.