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LIVRE XXVIII.
Octob. 1607.
Dénonciationdes menéesdu princedes Asturies àla reine etau roi.
Enlèvementdes papiersdu princedes Asturies.
d’elles (on prétend que c’était une dame de la cour), soit qu’elleeût obtenu la confidence des secrets du prince, soit qu’elle eûtporté sur ses papiers un œil indiscret, révéla tout à la reine.Celle-ci en apprenant ces détails fut saisie d’un violent accès decolère. Le prince de la Paix ne se trouvait point en ce momentà l’Escurial, distant de Madrid d’une douzaine de lieues. 11 avaitl’habitude de passer une semaine à l’Escurial et une semaine àMadrid. Il était malade, disait-on, des suites de ses débauches.On le manda secrètement, et il sortit de son palais par uneporte dérobée, voulant en cette circonstance laisser ignorersa présence à l’Escurial, et écarter l’idée qu’il pût être l’insti-gateur des scènes qui se préparaient. La reine, encore plusirritée que lui, chercha à persuader au roi qu’il n’y avait pasmoins qu’une vaste conspiration contre son trône et sa viedans les indices dénoncés, soutint -qu’il fallait agir sur-le-champ, ne pas craindre un éclat devenu nécessaire, envahirl’appartement du prince à I’improviste, et enlever ses papiersavant qu’il eût le temps de les détruire. Le faible Charles IV,incapable d’apercevoir dans quelle voie il s’engageait par unepareille démarche, consentit à tout ce qu’on lui demandait, etle soir même, 27 octobre, jour de la signature du traité deFontainebleau, permit qu’on violât la demeure de son fils, etqu’on saisît ses papiers. Le jeune prince, qui, sauf un peu definesse, n’avait ni esprit ni courage, fut consterné, et livrasans résistance tout ce qu’il avait. Les papiers dont nous ve-nons de faire mention, mêlés à d’autres plus insignifiants,furent portés chez la reine, qui voulut les examiner elle-même.On devine les emportements de cette princesse, en lisant l’écritoù étaient dénoncées toutes les turpitudes du favori, et où lessiennes étaient au moins indiquées. Si faible, si asservi quefût l’infortuné Charles IV, cette pièce pourtant n’aurait passuffi pour lui persuader que son fils avait médité un crime, etelle aurait peut-être, en dessillant ses yeux, atteint le but quele chanoine Escoïquiz et Ferdinand s’étaient proposé. Mais il