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[Vol. 4.]
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ARANJUEZ.

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au moment où il sortait de cette retraite. — Quelques gardes du corpsparviennent à l'arracher à la fureur du peuple, et le conduisent à leurcaserne, atteint de plusieurs blessures. — Le prince des Asturies réussità dissiper la multitude en promettant la mise en jugement du prince de laPaix. — Le roi et la reine, effrayés de trois jours de soulèvement, etcroyant sauver leur vie et celle du favori en abdiquant, signent leurabdication dans la journée du 19 mars. — Caractère de la révolutiond’Aranjuez.

Tandis que Napoléon, résolu quant au but qu’il poursuivaiten Espagne, incertain quant aux moyens, se rendait en Italie,plein au reste de confiance dans l’immensité de sa puissance,les armées françaises s’avancaient dans la Péninsule, et allaienty faire une première épreuve des difficultés qui les attendaientsur cette terre inhospitalière.

L’armée appelée à y entrer d’ahord était celle du généralJunot. Sa mission, comme on l’a vu, consistait à s’emparerdu Portugal. Elle était composée d’environ 26 mille hommes,dont 23 mille présents sous les armes, et suivie de 3 à 4 millehommes de renfort tirés des dépôts. Elle était distribuée entrois divisions sous les généraux Laborde, Loison, Travot.Elle avait pour principal officier d’état-major le général Thié-bault, et pour commandant en chef le brave Junot, aide - de-camp dévoué de Napoléon, un moment ambassadeur en Por-tugal, officier intelligent, courageux jusqu’à la témérité, n’ayantd’autre défaut qu’une ardeur naturelle de caractère, qui de-vait aboutir un jour à une maladie mentale. L’armée étaitformée de jeunes soldats de la conscription de 1807, levés en1806, mais enfermés dans de vieux cadres et suffisammentinstruits. Us étaient très - capables de se bien comporter aufeu, mais malheureusement peu rompus aux fatigues, qui al-laient devenir cependant leur principale épreuve. Napoléon,qui voulait qu’on entrât promptement à Lisbonne, pour y sur-prendre non pas la famille royale dont il se souciait peu, maisla flotte portugaise et les immenses richesses appartenant auxnégociants anglais, avait donné ordre au général Junot de re-doubler de célérité, de n’épargner à ses soldats ni fatigues ni

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Nov. 1807.

Expéditionde Portugal.

Compositionde l’arméedu généralJunot.