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LIVRE XXIX.

> T ov. 1807. privations, afin d’arriver à temps. Junot, dans son ardeur,n’était pas homme à corriger par un sage discernement ce quecet ordre pouvait avoir de dangereux dans les pays qu’onallait traverser.

Le 17 octobre, l’armée entra en Espagne sur plusieurs co-Entcee lonnes, afin de subsister plus aisément. Elle se dirigea surl ' es da'ns ï ' Yalladolid, par Tolosa, Vittoria et Burgos. Malgré les promes-ses du prince de la Paix, presque rien n’était préparé sur laDéfaut route, et le soir on était obligé de réunir quelques vivres à la

de préparatifs ° ,

pour hâte pour nourrir les troupes exténuées des fatigues de la jour-

lus recevoir. 1 1 ^

/J née. Les j fltes. étaient détestables, remplis de yepmine , ets- si repoussants que nos soldats préféraient coucher dans les

/ <’ ï ’7 f champs ou dans les rues, plutôt que d’accepter les tristes abrisAccueil fait qu’on leur offrait. La population les accueillait avec la curio-

à nos soldats

par les sité naturelle à un peuple vif, amoureux de spectacles, et à

populations . 1 A 1

espagnoles. q u i son inerte gouvernement n’en procurait guère depuis unsiècle. Les classes élevées recevaient bien nos troupes, maisdéjà le bas peuple montrait à leur égard sa sombre haine del’étranger. Sur la route de Salamanque, quelques coups decouteau furent donnés à des soldats isolés, bien qu’ils se con-duisissent partout avec la plus sage retenue.

L’armée, en arrivant à Salamanque, où elle fit une courteArrivée halte, avait déjà beaucoup souffert des fatigues, et laissé un

à vSalamanque. 1 ° 3

certain nombre d’hommes en arrière. Le général Junot, quiavait un chef d’état-major prévoyant, établit à Yalladolid, àSalamanque, et en avant à Ciudad-Rodrigo, des dépôts com-posés d’un commandant de place, de plusieurs employés d’ad-ministration, et d’un détachement, pour y recueillir les hommesfatigués ou malades, et les acheminer plus tard à la suite del’armée en groupes assez nombreux pour se défendre. L’ordrede marcher sans relâche ayant trouvé l’armée à Salamanque,elle quitta cette ville le 12 novembre, formée en trois divi-sions. Elle avait à traverser, pour se rendre de Ciudad-Ro-drigo à Alcantara, la chaîne de montagnes qui sépare la vallée