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[Vol. 4.]
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LIVRE XXIX.

Nov. 1807.

Arrive'?

du

encrai Junotà Lisbonneau momentoù la flotteportugaisemet

à la voile.

timents de guerre ou de commerce, rangés autour du vaisseauamiral, au milieu du Tage, large devant Lisbonne comme unbras de mer, attendirent le vent favorable, tandis qu’une po-pulation de trois cent mille âmes les regardait tristement,partagée entre la douleur, la colère, la curiosité, la terreur.A l'embouchure du Tage, la flotte anglaise croisait pour rece-voir les émigrants et les protéger au besoin de son artillerie.

Toute la journée du 27 se passa ainsi, les vents ne per-mettant pas la sortie du Tage, et l’anxiété régnant sur la flotteportugaise; car si un détachement français parvenu à tempsà Lisbonne eût couru, à la tour de Belem, le Tage se seraittrouvé fermé.

Pendant ce temps le général Junot, menant à la hâte sesmalheureux soldats, arrivait à perte d’haleine sous les mursde Lisbonne. Il avait été retenu pendant les journées du 26 etdu 27 devant le Zezère, dont les eaux s’étaient élevées dedouze à quinze pieds en quelques heures, et qui se jette dansle Tage, près de Punhette. 11 le passa avec quelques millehommes, dans des bateaux que lui amenèrent des mariniersbien payés, et au milieu des plus grands périls, car ces ba-teaux emportés avec une grande violence allaient tomber dansle Tage, et étaient ensuite obligés d’en remonter le cours pourrejoindre le point de débarquement. Le 28, Junot marcha surSantarem, à travers les inondations qui couvraient au loinles bords du Tage, et au milieu desquelles les soldats faisaientquelquefois une lieue de suite, en avaut de l’eau jusqu’au ge-nou. Le 29, il atteignit Saccavem, et y reçut des nouvelles deLisbonne. 11 apprit que la famille royale était embarquée avectoute la cour, et qu’elle allait emmener la marine portugaisechargée de richesses. Il n’était plus à espérer qu’on pût arri-ver à temps; mais il fallait prévenir un soulèvement, qu’ilaurait été impossible de comprimer avec quelques mille hom-mes épuisés n’ayant pas un canon. Le général Junot prit sonparti résolument, et quitta Saccavem le 30 au matin avec une