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[Vol. 4.]
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ARANJUEZ.

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vembre, on mit à bord la famille royale et une partie de l’a- a t ov. mi.rislocratie, avec ce qu’elle pouvait emporter de ses effets pré-cieux. Par un temps affreux, une pluie battante, on vit les Embarquementprinces, les princesses, la reine-mère, les yeux égarés par lafolie, presque toutes les personnes composant la cour, beau- h ^“'ieVes-coup de grandes familles, hommes, femmes, enfants, dômes- portugaise,tiques, au nombre de sept ou huit mille individus, s’embar-quer confusément sur l’escadre, et sur une vingtaine de grandsbâtiments consacrés au commerce du Brésil. Le mobilier despalais royaux et des plus riches maisons de Lisbonne, les fondsdes caisses publiques, l’argent que le régent avait pris soind’amasser depuis quelque temps, celui que les familles fugi-tives avaient pu se procurer, tout gisait sur les quais du Tage,à moitié enfoui dans la boue, aux yeux d’un peuple consterné,tour à tour attendri de ce spectacle douloureux, ou irrité decette fuite si lâche, qui le laissait sans gouvernement et sansmoyens de défense. La précipitation était si grande, que, surquelques-uns de ces bâtiments qu’on chargeait de richesses,on avait oublié de placer les vivres les plus indispensables.

Dans la journée du 27, tout fut embarqué, et trente-six bâ-

trer les conséquences auxquelles s’exposaient tous les gouvernements qui scsacrifiaient à la politique anglaise, on lit le passage suivant :

a Après ces quatre expéditions qui déterminent si bien la décadence moraleet militaire de l’Angleterre, nous parlerons de la situation où ils laissentaujourd’hui le Portugal. Le prince régent du Portugal perd son trône; il leperd, influencé par les intrigues des Anglais; il le perd pour n’avoir pasvoulu saisir les marchandises anglaises qui sont à Lisbonne : que fait doncl’Angleterre, cette alliée si puissante? Klle regarde avec indifférence ce quise passe en Portugal. Que fera-t-eile quand le Portugal sera pris? ira-t-elles'emparer du Brésil? Non : si les Anglais font cette tentative, les catholiquesles chasseront. La chute de la maison de Bragance restera une nouvellepreuve que la perte de quiconque s'attache aux Anglais est inévitable.»

C’est là probablement ce qu’on a entendu par le décret déclarant que lamaison de Bragance avait cessé re'gner; c’est là le Moniteur qui, paraissantà Paris le 4 3, rendu à Londres le 45 on le 46, put par l’amirauté arriver le23 ou le 24 à bord de la flotte anglaise, et être communiqué au princerégent de Portugal.