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LIVRE XXIX.
Nov. 1807. tapes bien gardée et bien approvisionnée par Leiria, Coim-bre, Almeida, Salamanque et Bayonne. Dans ce premier mo-ment, tout parut tranquille et presque rassurant. 11 n’y avaitqu’une difficulté très-embarrassante dès le début, c’était d’ap-provisionner, malgré les Anglais, une capitale de trois centmille habitants, habituée à recevoir par la mer les blés et lesbestiaux de la côte d’Afrique. Le général Junot traita avecplusieurs commerçants, et donna des commissions de tous lescôtés pour amener des vivres de l’intérieur. 11 fut habilementsecondé par son chef d’état-major Thiébault, et par M. Her-mann, que Napoléon lui avait envoyé pour administrer lesfinances portugaises. Ce dernier était parfaitement probe ettrès au fait du pays, ayant long - temps rempli des fonctionsdiplomatiques tant à Lisbonne qu’à Madrid. Grâce aux soinscombinés de ces divers agents, rien ne manqua, dans les pre-miers temps du moins, et on commença môme à réarmer lesrestes de la flotte portugaise. Dans le même moment, le gé-néral espagnol Taranco occupait avec sept ou huit millehommes la province d’Oporto, et le général Solano, avec troisou quatre mille, celle des Algarves.
Tandis qu’une armée française pénétrait en Portugal, Na-Entree poléon, qui en avait disposé deux autres à l’entrée de la Pé-
«lu corps 1 *
<l uupont iil mnsu * e i avait ordonné au général Dupont, commandant lele territoire deuxième corps de la Gironde, de porter l’une de ses divi-espngnoi. s j ons àVittoria, sous prétexte de secourir le général Junotcontre les Anglais. Un peu avant la marche de cette division,trois ou quatre mille hommes de renfort, destinés à se fondredans les trois divisions de l’armée de Portugal, avaient déjàpris le chemin de Salamanque. On s’habituait donc à regarderla frontière espagnole comme une démarcation abolie, et l’Es-pagne elle-même comme une route ouverte dont on se servait,sans même prévenir le souverain du territoire. La premièredivision du général Dupont, en effet, était rendue à Vittoriaavant que M. de Beauharnais eût donné avis de ce mouvement