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[Vol. 4.]
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ARANJUEZ.

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au cabinet de Madrid. C’était le prince de la Paix qui le pre-mier en avait parlé à M. de Beauharnais avec une anxiété vi-sible. A ce sujet il s’était fort excusé du défaut de préparatifsdont on s’était plaint sur la route parcourue par le généralJunot, et avait attribué cette négligence aux graves préoccu-pations résultant du procès de l’Escurial.

Depuis ce procès, et malgré le pardon accordé au princedes Asturies, l’agitation n’avait cessé de croître en Espagne,tant au sein de la cour qu’au sein du pays lui-même. Le princedes Asturies, que son abjecte soumission, sa lâche trahisonenvers ses amis, auraient dû déshonorer, était au contraireadoré d’une nation qui, ne trouvant pas un autre prince àaimer dans cette famille dégénérée, se plaisait à tout excuserchez lui, et imputait à ses ennemis, à leurs menaces, à leurtyrannie, ce qu’il y avait eu d’équivoque dans sa conduite.La demande d’une princesse française adressée par Ferdinandà Napoléon, demande désormais bien connue, avait tournéles yeux de la nation comme ceux du prince vers le haut pro-tecteur qui réglait en ce moment les destinées du monde. Lestroupes françaises déjà entrées sur le territoire espagnol, cellesqui s’accumulaint entre Bordeaux et Bayonne, excédant debeaucoup la force nécessaire à l’occupation du Portugal, ac-créditaient l’opinion que ce puissant protecteur songeait à semêler des affaires de l’Espagne, et la nation tout entière seplaisait à croire que ce serait dans le sens de ses désirs, c’est-à-dire pour renverser le favori, reléguer la reine dans uncouvent, Charles 1Y dans une maison de chasse, et donner lacouronne à Ferdinand VII uni à une princesse française. L’at-titude de M. de Beauharnais ne faisait que favoriser ces illu-sions. Cet ambassadeur, plein d’aversion pour le favori, in-duit par ses rapports secrets avec le prince des Asturies à luiporter de l’intérêt, se flattant que ce prince épouserait bientôtune princesse française qui était sa parente ( mademoiselle deTascher), abondait dans tous les sentiments des Espagnols

Nov. 1807.

Suite

des

événementsde l'Escurial.

Penchantde la nationespagnoleà recourir àNapoléoncomme ausauveurqui pouvaitla délivrerde ses maux.