ARANJUEZ.
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Il voulait donc avoir deux divisions préparées, l’une qui, pla-cée près de Saint-Jean-Pied-de-Port, pourrait, sous un pré-texte quelconque, se jeter sur Pampelune ; l’autre qui, réunieà Perpignan, pourrait également entrer à Barcelone, et s’em-parer de cette ville ainsi que des forts qui la dominent. Maîtrede Pampelune et des forts de Barcelone, Napoléon avait deuxbases solides pour les armées qui auraient à s’avancer surMadrid. Toutefois, bien que la crise lui semblât imminente àl’Escurial, il ne voulait ni la précipiter, ni prendre trop osten-siblement le rôle d’envahisseur, en portant des troupes ail-leurs que sur la route de Burgos, Valladolid, Salamanque,qui était celle du Portugal. La réunion probable des troupesanglaises sur les côtes de la Péninsule ne pouvait manquerde lui fournir plus tard des motifs spécieux d’introduire denouvelles forces dans l’intérieur de l’Espagne. En attendant illui suffisait de les tenir réunies sur la frontière. L’armée dugénéral Junot, composée des anciens camps de la Bretagne,avait laissé quelques bataillons de dépôt, dont on pouvait for-mer un division de trois à quatre mille hommes, très-suffi-sante pour occuper Pampelune et contenir la Navarre. Cesbataillons, au nombre de cinq, appartenaient aux 15 e , 47 e ,70 e , 86 e de ligne. Un bataillon suisse, cantonné dans le voi-sinage, offrait le moyen de les porter à six. Napoléon ordonnade les réunir immédiatement à Saint-Jcan-Pied-de-Port, sousle commandement du général Mouton, et d’y ajouter une com-pagnie d’artillerie à pied. Quant à la division de Perpignan, ilen chercha les éléments en Italie môme. Il avait là des régi-ments lombards et napolitains, bons à employer sous le cli-mat de l’Espagne, mais ayant besoin d’apprendre la guerre àl’école des Français. La rentrée des troupes auxiliaires dansleur pays permettait de disposer sur-le-champ d’une partiedes régiments italiens placés le plus près de France. Napo-léon prescrivit donc à quatre bataillons italiens, trois résidantà Turin, un à Gènes, de s’acheminer sur Avignon. Un beau
D«5c. 1807.
Formationde deuxnouvellesdivisionsdestinées,l’une à
la Catalogne,l’autre àl’Aragon.