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[Vol. 4.]
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LIVRE XXIX.

»éc, 1607. de nouveau pour que le traité de Fontainebleau restât secretquelque temps encore; et quant à M. de Beauharnais, ne te-nant aucun compte de ses avis et de ses jugements, il luiadressa des réponses insignifiantes, mais formelles en unpoint : c’était la défense d’afficher aucune préférence pour lespartis qui divisaient la cour d’Espagne, et de laisser entrevoirde quel côté penchait le cabinet français.

11 n’était pas vrai cependant que, tout entier aux affairesd’Italie, Napoléon ne songeât pas à celles d’Espagne. Il avait,au contraire, donné de nouveaux ordres militaires, tendant àaugmenter peu à peu ses forces, tant en deçà qu’au delà desPyrénées, de manière qu’il pût, quelque parti qu’il adoptât,n’avoir qu’une volonté à exprimer, lorsqu’il en aurait une.Tout ce qu’il apprenait de l’état de l’Espagne contribuait à luipersuader que le moment d’une crise était proche; car il nesemblait plus possible de faire régner le favori, d’inspirerpatience à Ferdinand, et de contenir l’indignation de la nationNouveaux espagnole. Il voulait donc être prêt à profiter d’une occasion,militaires e j, avoir pour cela dans la Péninsule des forces considérables,

relativement à r '

i Espagne. sans diminuer ni la grande armée ni l’armée d’Italie, qui luiservaient l’une et l’autre à maintenir l’Europe dans son allianceou dans la soumission. Indépendamment de l’armée du généralJunot, nécessaire au Portugal, il avait préparé, comme on l’avu, deux autres corps, celui du général Dupont et celui dumaréchal Moncey, et il ne jugeait pas que ce fût assez. 11 con-sidérait que ces deux corps dirigés sur la route de Burgos etde Valladolid, sous le prétexte du Portugal, pouvant par unmouvement à gauche se porter sur Madrid, tiendraient enrespect la capitale et les deux Castilles. Mais la Navarre, l’Ara-gon, la Catalogne, provinces si importantes en elles-mêmes,et par leur esprit, et par leur position, et par les placesqu’elles contenaient, lui semblaient devoir être occupées,sinon par des forces qui s’y transporteraient immédiatement,du moins par des forces qui seraient toutes prêtes à y entrer.