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LIVRE XXIX.
Janv. 1808.
Travauxordonnés entraversant lePiémont,pour le lier plusétroitement àla Ligurie.
Retourde Napoléonà Parisle 1 €C janvier1808.
Nécessitéde prendreun parti à
cette place, puis se rendit à Turin, où il accorda de nouveauxavantages à ces provinces devenues françaises. Afin de ratta-cher la Ligurie au Piémont, il décréta un canal qui, s’embou-chant dans la mer à Savone, et traversant l’Apennin dans sapartie la plus abaissée, pour gagner la Bormida à Carcare,devait joindre le Pô et la Méditerranée. Il ordonna le perfec-tionnement de la navigation d’Alexandrie au Pô, de manièreque les bateaux pussent y passer en tout temps. Il fit rectifieren quelques points la grande route d’Alexandrie à Savone,et voulut qu’elle fût mise en communication avec la route deTurin par un embranchement de Carcare à Ceva. Il décidal’ouverture de la grande route du mont Genèvre, par Briançon,Fenestrelle et Pignerol, laquelle jointe à celle du mont Cenisdevait compléter les communications de la France avec lePiémont par les Alpes Cottiennes. Il décréta aussi la construc-tion de divers ponts : un en pierre sur le Pô, à Turin; unautre en pierre sur la Doire; un en bois sur la Sesia, à Ver-ceil; un en bois sur la Bormida, entre Alexandrie et Tortone;trois enfin d’importance moindre, également en bois, sur troistorrents qui coulent entre Turin et Verceil. Il eut soin enmême temps d’assurer des moyens financiers pour suffire àces vastes travaux, car il n’était pas de ceux qui ordonnentdes créations nouvelles sans s’inquiéter des charges qui enpeuvent résulter. Un restant dû par les acquéreurs de domai-nes nationaux, le produit des domaines engagés, un prélève-ment sur le monopole du sel, devaient pourvoir à ces utilesdépenses.
Napoléon quitta Turin accompagné par les acclamations despeuples reconnaissants, et arriva à Paris le 1 er janvier 1808,fort avant dans la journée, mais assez à temps pour y rece-voir les hommages de la cour, des autorités publiques et desParisiens. Son retour dans la capitale de l’Empire allait êtrele signal des plus graves déterminations de son règne. Il fallaiten effet prendre un parti à l’égard de l’Espagne, car on ne