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[Vol. 4.]
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L1YRK XXIX.

janv. isos. veler, en un mot, la politique de Louis XIV, qui n’avait riende trop grand pour un homme qui avait dépassé toute gran-deur connue. Cette politique de Louis XIV, outre qu’elle n’a-vait rien de trop grand pour Napoléon, était, il faut le recon-naître, la politique naturelle de la France. Réunir dans unmôme esprit, dans un même intérêt, tout l’Occident, c’est-à-dire la France et les deux péninsules italienne et espagnole;opposer leur puissance continentale à la coalition des coursdu Nord, leur puissance maritime aux prétentions de l’Angle-terre, était assurément la vraie, la légitime ambition qu’ilaurait fallu souhaiter à Napoléon, celle qui eût été justifiéepar les règles de la saine politique, n’eût-elle pas réussi. Maisla puuition du prodigue qui a fait de folles dépenses, c’est dene pouvoir plus faire les dépenses nécessaires. Napoléon, pouravoir entrepris au Nord une tâche immense, exorbitante, horsdes véritables intérêts de la France, comme de constituer uneAllemagne française au grand déplaisir des peuples allemands,comme d’entreprendre la restauration de la Pologne malgrél’Autriche et la Prusse, allait manquer des forces qu’eût exi-gées l’exécution des desseins les plus profondément politiques.Il était obligé, en effet, dans le moment même, de gardertrois cent mille hommes entre l’Oder et la Yistule, pour s’as-surer la soumission de l’Allemagne et l’alliance de la Russie,cent vingt mille hommes en Italie pour ôter à l’Autriche touteidée de repasser les Alpes. S’il lui fallait encore cent ou deuxcent mille hommes pour contenir l’Espagne, pour en .rejeterles Anglais, qui allaient trouver là un pied-à-terre commodeet sûr, car ils n’avaient pour y arriver que le golfe seul deGascogne à franchir; s’il lui fallait ces diverses armées en Al-lemagne, en Italie, en Espagne, c’était une masse de huit ouneuf cent mille hommes qui devenait nécessaire, et il devaiten résulter une extension de soins, d’efforts, de commande-ment, à laquelle la France et son génie même finiraient parne pouvoir suffire.