ARANJUEZ.
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les avantages que devait lui procurer l’exploitation des vastescolonies espagnoles.
Tels étaient les trois plans entre lesquels Napoléon avait àchoisir. Ils présentaient chacun leurs inconvénients; car lepremier, qui aurait comblé tous les vœux des Espagnols à lafois, en les débarrassant du favori, en leur assurant la pro-tection de Napoléon par un mariage français, en leur donnantLisbonne sans compensation territoriale, n’eût été peut-êtrequ’une duperie. Le second, qui aurait fait payer tous ces avan-tages d’un cruel sacrifice de territoire, les eût révoltés. Letroisième enfin, qui résolvait la question d’une manière déci-sive, qui rapprochait définitivement la France et l’Espagne,qui régénérait celle-ci en ne lui demandant d’autre sacrificeque celui d’une dynastie avilie, pouvait néanmoins souleverla nation, exigeait dès lors une disponibilité de forces queNapoléon ne s’était pas ménagée, et, pour dernier inconvé-nient, metlait les colonies espagnoles en grand péril.
Tout considéré, ce que Napoléon aurait eu de mieux à faire,c’eût été d’adopter le premier plan, c’est-à-dire de délivrerl’Espagne du favori, de lui accorder la main d’une princessefrançaise, de lui céder le Portugal sans exiger en retour lesprovinces de l’Èbre, ce qui aurait porté jusqu’à l’ivresse lajoie de la nation, et de demander tout au plus l’ouverture descolonies, peut-être l’abandon des lies Baléares ou des Philip-pines, dont l’Espagne ne tirait aucun parti ; avantages sérieux,les seuls désirables, qu’elle nous aurait abandonnés sans re-gret, sans que ses sentiments pour nous fussent altérés enaucune manière. La reconnaissance aurait pu ne pas durer,mais elle se serait conservée assez long-temps pour atteindrela fin de la guerre maritime, pour obtenir pendant la dernièrepériode de cette guerre le concours sincère des Espagnolscontre les Anglais, pour acquérir au moins à leurs propresyeux le droit de l’exiger, et, si on ne l’obtenait pas, le droitde punir des ingrats.
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Janv. 1808,
Le premierplan considéré'comme
le moins mai»*vais des trois.