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[Vol. 4.]
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LIVRE XXIX.

Janv. J. 808 .

Incidentde famillequi priveTS'apole'onde la princessefrançaisedestinéed’abord àl’Espagne.

à la Russie, la Moldavie et la Valachie promises, lui assureraientle concours de l’empereur Alexandre à l’achèvement de sesdesseins; qu’en un mot, ce qu’il voulait faire en Espagne étaitla dernière conséquence à tirer de ses victoires, l’établissementdéfinitif de sa famille, l’entier accomplissement de ses destinées.

Toutefois, en janvier 1808, au retour d’Italie, même aprèsle procès de l’Escurial, le parti de Napoléon n’était pas irré-vocablement pris, et il revenait quelquefois à l’idée de s’entenir à un mariage qui rapprocherait les deux maisons, lors-qu’un incident de famille fit naître pour cette combinaison unesorte d’impossibilité matérielle. Napoléon avait, comme nousvenons de le dire, appelé à Paris la fille issue du premiermariage de Lucien, qu’on lui avait envoyée pour ne pas ren-dre cette enfant victime des querelles de ses parents. Mais parmalheur cette jeune fille élevée dans l’exil, entendant souventdes plaintes amères contre la toute-puissante famille qui separtageait les trônes de l’Europe, sans songer à un frèreéloigné et méconnu, cette jeune fille n’apportait point à Parisles sentiments qu’on aurait pu désirer d’elle. Établie près deson aïeule l’impératrice-mère, qui lui prodiguait ses soins,elle trouvait cependant chez elle une sévérité, chez ses tantesune négligence, qui ne devaient pas la ramener à ceux qu’onl’avait enseignée à craindre plus qu’à aimer. Aussi épanchait-elle, dans sa correspondance avec ses parents d’Italie, lessentiments chagrins qu’elle éprouvait. Napoléon qui, dans lasupposition où il l’enverrait partager le trône d’Espagne, vou-lait savoir si elle y apporterait les dispositions qui conve-naient à sa politique, la faisait observer avec soin, et avaitordonné qu’on lût sa correspondance à la poste. Elle était àpeine arrivée à Paris qu’on saisit des lettres dans lesquelleselle rapportait sur sa grand’mère, ses tantes, son oncle Na-poléon , des bruits peu favorables à la famille impériale.Quand on remit ces lettres à Napoléon, il en sourit maligne-ment, et il convoqua sur-le-champ aux Tuileries sa mère,