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[Vol. 4.]
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ses frères et ses sœurs, et fit lire en assemblée de famille les Janv. îsœ.lettres qu’on avait interceptées. 11 s’égaya fort de la colèreexcitée chez les témoins de cette scène, tous assez maltraitésdans cette correspondance; puis, passant d’une gaieté iro-nique à une froide sévérité, il exigea le renvoi sous vingt-quatre heures de sa jeune nièce, qui fut dès le lendemainacheminée vers l’Italie. Il ne restait donc plus de princessede la maison Bonaparte 5 donner à l’Espagne; car mademoi-selle de Tascher, récemment admise dans la famille impé-riale, n’en était pas \ Napoléon venait d’adopter cette jeunepersonne, nièce de l’impératrice Joséphine, et de l’envoyeren Allemagne, pour y épouser l’héritier de la maison prin-cière d’Àremberg. A mêler son sang avec celui des Bourbons,il aurait voulu que ce fût son propre sang, et non celui de safemme, quelque attachement qu’il ressentît pour elle.

Même sans cet iûcident, Napoléon aurait probablement finipar préférer le parti le plus décisif, c’est-à-dire le détrône-ment des Bourbons. En tout cas, il n’avait plus le choix. Lesrenverser pour leur substituer un membre de sa famille, étaitla seule solution qui lui restât. Mais le prétexte à faire valoirpour les détrôner, sans offenser profondément le sentimentpublic de l’Espagne, de la France et de l’Europe, était tou-jours ce qui l’embarrassait le plus. Ne pouvant le trouverdans l’abjecte soumission du gouvernement espagnol à sesvolontés, il l’attendait des événements. Les divisions de lacour, les fureurs scandaleuses de la reine et du favori, la

1 Madame la duchesse d’Abrantès, dans des Mémoires qui révèlent unepersonne spirituelle, mais mai informée, a dit que la fille du prince Lucienn’était point venue à Paris, et que le refus de son père de l’y envoyer étaitainsi devenu la cause de grands événements; car Napoléon, obligé de re-noncer à s’unir aux Bourbons d’Espagne, avait dès lors songé à les détrôner.

Cette assertion est inexacte. La fille du prince Lucien vint à Paris, et n’ydemeura point à cause de l’incident que je viens de rapporter. Je tiens d’unmembre de la famille impériale, témoin oculaire de la scène que je raconte,et d’un personnage, membre de nos assemblées, et désigné pour reconduire laprincesse en Italie (mission qu’il n'accepta pas), les détails que j’ai retracés.