ARANJUEZ.
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qu’on pût en morceler l’administation, et surtout y diviser lecommandement militaire en présence des Anglais prêts à dé-barquer; qu’on devait aussi se garder d’agiter l’esprit despeuples par la révélation prématurée du sort qui les atten-dait; que par tous ces motifs il fallait éviter pour quelquetemps encore la publication du traité de Fontainebleau. Cefut M. de Vandeul, employé de la légation française, qui dutremettre ces deux lettres si ambiguës, sans y ajouter aucuneexplication de nature à en diminuer l’obscurité. A ce redou-blement de mystère, Napoléon ajouta une nouvelle augmen-tation de ses forces.
On a vu quel soin il avait mis à organiser les corps desti-nés à l’Espagne, sans affaiblir ses armées d’Allemagne etd’Italie. Il avait en effet composé l’armée du Portugal avec lesanciens camps des côtes de Bretagne et de Normandie; l’ar-mée du général Dupont, dite corps de la Gironde, avec lestrois premiers bataillons des cinq légions de réserve, plusquelques bataillons suisses ou parisiens; l’armée du maréchalMoncey, dite corps d’observation des côtes de l’Océan, avecdouze régiments provisoires tirés des dépôts de la grandearmée; la division des Pyrénées-Occidentales destinée à Pam-pelune avec quelques bataillons restés dans les camps deBretagne et de Normandie; enfin, la division des Pyrénées-Orientales avec les régiments italiens ou napolitains quin’avaient pas servi en Allemagne, et que le retour de l’arméed’Italie rendait disponibles. 11 voulut renforcer ces deux der-nières divisions, et créer en outre une réserve générale pourtous ces corps.
11 augmenta la division des Pyrénées-Occidentales en luiadjoignant les quatrièmes bataillons des cinq légions de ré-serve, dont l’organisation s’achevait dans le moment. C’étaienttrois mille hommes, qui, ajoutés aux trois ou quatre milleacheminés déjà par Saint-Jean-Pied-de-Port sur Pampelune,devaient former une division de six à sept mille, suffisante
Janv. 1808.
Formationde nouveauxcorps destinesà l’Espagne.