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[Vol. 4.]
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LIVRE XXIX.

Jauv. 1808.

Levée

en 1808 de laconscriptionde Ifcü9,demandée parune

communicationan Sénat,

d’Espagne, par M. de Beauiiarnais, l’intention d’un doublemouvement de troupes sur Cadix, l’un à travers la Catalogne,l’autre à travers l’Estramadure et l’Andalousie. La flotte fran-çaise qui était mouillée à Cadix pouvait être le motif de cetteexpédition. Si, du reste, on doutait à quelque degré, soit à lacour, soit dans le pays, du but allégué, il devait en résultertout au plus un redoublement d’émotion, que Napoléon neregrettait pas, puisqu’il voulait amener, sinon tout de suite,du moins prochainement, la fuite de la famille royale.

Napoléon trouvait trop d’avantage à voir ses dépôts tou-jours pleins, au moyen de conscrits appelés à l’avance, etinstruits douze ou quinze mois avant d’étre employés, pourne pas persévérer dans le système de conscription anticipée,surtout dans un moment où il voulait former sur le littoraleuropéen des camps nombreux à côté de ses flottes. En con-séquence, après avoir demandé au printemps de 1807 laconscription de 1808, il voulut dès l’hiver de 1808 demanderla conscription de 1809. Cette demande lui fournissait d’ail-leurs l’occasion d’une communication au Sénat, et d’une ex-plication spécieuse pour l’immense rassemblement de troupesqui s’opérait au pied des Pyrénées. Le Sénat fut donc réunile 21 janvier, pour entendre un rapport sur les négociationsavec le Portugal et sur la résolution arrêtée, déjà même exé-cutée, d’envahir le patrimoine de la maison de Bragance. Onen prenait texte pour développer le système d’occupation detoutes les côtes du continent, afin de répondre au blocus ma-ritime par le blocus continental. La conscription de 1808,disait M. Regnaud de Saint-Jean-d’Angély, auteur du rapportprésenté au Sénat, avait été le signal et le moyen de la paixcontinentale, signée à Tilsit; la conscription de 1809 serait lesignal de la paix maritime. Celle-ci malheureusement restaità signer dans un lieu que personne ne connaissait et ne pou-vait dire. La promesse de n’employer que dans les dépôts lesjeunes conscrits appelés un an d’avance, était encore renou-