ARANJUEZ.
317
velée cette fois, pour atténuer l’effet moral de ces appels an-ticipés. Un autre rapport annonçait la réunion à l’Empire, parsuite de traités antérieurs, de Kehl, Cassel, Wesel et Flessin-gue : Kehl et Cassel, comme annexes indispensables aux pla-ces de Strasbourg et Mayence ; Wesel, comme un point dehaute importance sur le cours inférieur du Rhin ; Flessingueenfin, comme le port d’un établissement maritime dont Anversétait le chantier. Celte dernière communication amenait à uneprofession de foi impériale sur le désintéressement de laFrance, qui ayant tenu dans ses mains l’Autriche, l’Alle-magne, la Prusse, la Pologne, n’avait rien gardé pour elle-même, et se contentait d’acquisitions aussi insignifiantes queKehl, Cassel, Wesel ou Flessingue. Napoléon voulait qu’onregardât le nouveau royaume de Westphalie, par exemple,non pas comme une extension de territoire, puisqu’il étaitdonné à une prince indépendant, mais comme une simple ex-tension du système fédératif de l’Empire français.
Bonnes ou mauvaises, ces argumentations, présentées enun langage brillant et grandiose, dont Napoléon avait fourniles idées et M. Regnaud le style, furent selon la coutume re-çues avec une respectueuse inclination de tète de la part dessénateurs, et suivies du vote de la conscription de <1809.
Ce nouveau contingent de 80 mille hommes devait porterà près de 900 mille la masse des troupes françaises, répan-dues sur la Yistule, l’Oder, les bords de la Baltique, les Al-pes, le Pô, l’Adige, l’Isonzo, les côtes de l’Ulyrie et des Cala-bres, sur l’Èbre enfin et sur le Tage. En y joignant cent millealliés au moins, c’était plus d’un million d’hommes, dont lestrois quarts de vieux soldats, égaux pour le moins aux sol-dats de César, et conduits par un homme qui, sous le rapportdu génie militaire, était supérieur au capitaine romain. Qu’yavait-il d’impossible avec ces forces colossales, les plus gran-des dont aucun mortel ait jamais disposé, si la prudence po-litique venait contenir l’ivresse de la victoire? Napoléon res-
Janv. 1808.
La
conscriptionde 1809e'iève la forcede la Franceà un milliond’hommes.