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LIVRE XXIX.
Janv. 1808. objections de MM. Lacuée et Clarke, il se réduisit à un projetmoyen, qui, sans dénaturer le régiment, en augmentait lacomposition, de manière à diminuer le nombre total des corps.11 décida par un décret, qui ne fut définitivement signé que le18 février, que tous les régiments d’infanterie seraient formésà cinq bataillons, dont quatre de guerre, un de dépôt; chaquebataillon à six compagnies, une de grenadiers, une de volti-geurs, quatre de fusiliers. Le bataillon de dépôt était fixé àquatre compagnies seulement, les compagnies d’élite ne de-vant se former qu’en guerre. D’après ce décret, chaque com-pagnie était de 140 hommes, le régiment total de 3,970 hommes,dont 108 officiers et 3,862 sous-officiers et soldats. Le colonelet quatre chefs de bataillon commandaient les bataillons deguerre, et le major restait au dépôt. Dans cette formation, quiexcédait déjà les proportions naturelles du régiment, et quiétait amenée par la situation de Napoléon et de la France, unmôme régiment, ayant son dépôt sur le Rhin, pouvait, parexemple, avoir deux bataillons de guerre à la grande armée,un sur les côtes de Normandie, un en Espagne. Un régiment,ayant son dépôt en Piémont, pouvait avoir deux de ses ba-taillons de guerre en Dalmatie, un en Lombardie, un en Ca-talogne. De la sorte chaque corps prenait part à tous les gen-res de guerre à la fois ; et quand les hostilités cessaient auNord, on avait soin de laisser reposer tout ce qui venait deservir en Pologne, et de diriger vers l’Espagne tout ce quin’avait pas fait les dernières campagnes, ou tout ce qui avaitla force et le désir d’en faire plusieurs de suite. Mais celtecomposition des régiments, qui offrait peut-être quelquesavantages pour Napoléon et pour l’Empire tel qu’il était de-venu, est une preuve singulière de l’influence qu’une politiqueextrême exerçait déjà sur l’organisation militaire. Tandis quel’extension de ses entreprises allait affaiblir les armées de Na-poléon en les dispersant, elle allait affaiblir aussi le régimentlui-même, en l’étendant outre mesure, en diminuant l’énergie