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[Vol. 4.]
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LIVRE XXIX.

Janv. 1808. pouvaient être puissantes encore contre un souverain d’ori-gine récente, qu’il avait consacré de ses mains, et qui devaità cette consécration une partie de son autorité morale. A celaNapoléon répliquait qu’il craignait peu les armes spirituellesdans le dix-neuvième siècle; que du reste il ne donneraitaucun prétexte légitime à leur emploi, en s’abstenant de tou-cher aux matières religieuses ; qu’il se bornerait à frapper lesouverain temporel, qu’il le laisserait au Vatican, évôque res-pecté de Rome, chef des évêques de la chrétienté, et qu’auprince temporel, dont la souveraineté spirituelle n’aurait reçuaucune atteinte, personne ne s’intéresserait, ni en France, nien Europe.

Le cardinal Fesch, dont le caractère hautain, l’esprit mé-diocre et tracassier, pouvaient compromettre les négociationsles plus faciles, ayant été remplacé par M. Alquier, habituésuccessivement auprès des cours de Madrid et de Naples àtraiter avec les vieilles royautés, et porté à les ménager, lasituation n’en était pas moins restée la même, et les rapportsentre les deux gouvernements avaient conservé toute leuraigreur. La cour pontificale imagina cependant d’envoyer àParis un cardinal, pour terminer par une transaction les dif-férends qui divisaient Rome et l’Empire, et elle fit choix ducardinal Litta. Napoléon le refusa, comme l’un des cardinauxanimés du plus mauvais esprit. On choisit alors le cardinalfrançais de Bayanne, membre éclairé et sage du sacré collège.Le Pape, en même temps, afin de prouver que le cardinalGonsalvi n’était pas l’auteur de sa résistanee, ainsi que le sup-posait Napoléon, retira la secrélairerie d’Etat à cet ami, pourla donner à un vieux prélat sans esprit et sans force, le car-dinal Casoni. — On verra, s’écria-1-il avec un orgueil quimalgré sa douceur éclatait tout à coup lorsqu’on l’irritait, onverra que c’est à moi, à moi seul, qu’on a affaire; que c’estmoi qu’il faut opprimer, fouler sous les pieds des soldatsfrançais, si on veut violenter mon autorité.