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[Vol. 4.]
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LIVRE XXIX.

Janv. 1S08.

Plan adoptépar NapoMonpour

la conquêtede la Sicile etle ravitaillementde Corfou.

de l’escadre de Rochefort, l’une des plus probables à causedu point de départ, et la plus désirable à cause de la qualitédes équipages et du commandant, il en avait assez pourtransporter une armée en Sicile, et pour ravitailler Corfou,second objet, et non pas le moins important de l'expédition.Il ordonna donc à l’amiral Ganteaume de réunir à Toulon, etd’embarquer sur la division déjà réunie en ce port, une masseconsidérable de munitions de tout genre, telles que blé, bis-cuit, poudre, projectiles, affûts, outils, afin de déposer cechargement à Corfou, quel que fût le succès de l’opérationcontre la Sicile. Il enjoignit à Joseph de rassembler à Baies 8ou 9 mille hommes avec leur armement complet, et à Scylla,vis-à-vis le Phare, 7 ou 8 mille autres, avec beaucoup de fe-louques et d’embarcations, propres à traverser le très-petitbras de mer qui sépare la Sicile de la Calabre. Il voulait quetout fût prêt de manière que l’amiral Ganteaume, parti deToulon et arrivé devant Baies, pût embarquer les 8 à 9 millehommes concentrés sur ce point, les transporter en vingt-quatre heures au nord du Phare, où viendraient aboutir deleur côté les 7 ou 8 mille autres assemblés à Scylla, et em-barqués sur les petits bâtiments qu’on se serait procurés. Ondevait, avec ces iS ou 16 mille hommes, enlever le Phare, lecharger d’artillerie, armer également le fort de Scylla, et cesdeux points qui fermaient le détroit acquis aux Français, serendre maître à toujours du passage. Un tel résultat obtenu,il n’y avait plus un soldat anglais qui osât rester en Sicile.

Mais cette hardie entreprise supposait que les ordres réité-rés de Napoléon, relativement aux deux points que les An-glais possédaient encore sur la côte de Calabre, Scylla et Reg-gio, auraient reçu leur exécution. Napoléon s’était plusieursfois indigné contre Joseph de ce qu’avec une armée de plusde quarante mille hommes il souffrait que les Anglais eussentencore le pied sur la terre ferme d’Italie. — C’est une honte,lui écrivait-il, que les Anglais puissent nous résister sur terre.