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[Vol. 4.]
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LIVRE XXIX.

Fcv. 1808 .

Flotteque commandaitl’amiralGanteaumeaprès

le ralliementde la divisionde

Rochefort.

Heureuse

sortie

de Ganteaume,parti de Toulonpour les îlesIoniennes.

Trahison ou faiblesse, le résultat était absolument le même pourles projets de Napoléon, et révélait dans tout son jour la manièredont l’Espagne était habituée à remplir son devoir d’alliée.

Du reste, l’amiral Ganteaume avait ordre de sortir à la pre-mière jonction qui viendrait augmenter ses forces. Ayant eneffet rallié aux cinq vaisseaux de Toulon les cinq de Roche-fort , il n’avait rien à craindre dans la Méditerranée. Les vais-seaux équipés à Toulon étaient loin de valoir ceux qui arri-vaient de Rochefort; et en particulier les vaisseaux équipésdans le port de Gènes, l’avaient été avec des enfants recueil-lis sur les quais de celte grande ville, les vrais marins génoisayant fui dans les montagnes de l’Apennin. Néanmoins, commeil régnait un excellent esprit dans la marine de Toulon, espritqui était traditionnel en ce port, et que le contre-amiral Cos-mao s’attachait à ranimer par son exemple, la bonne volontésuppléait à l’inexpérience, et la division de Toulon pouvait seconduire honorablement. L’amiral Ganteaume, avec deux lieu-tenants excellents, les contre-amiraux Allemand et Cosmao,comptait deux vaisseaux à trois ponts, un de quatre-vingts,sept de soixante-quatorze, deux frégates, deux corvettes,deux grosses flûtes, en tout seize voiles. Après avoir pris letemps de répartir sur la flotte entière l’immense approvision-nement qu’il était chargé de déposer à Corfou, il leva l’ancrele 10 février, se dirigeant sur les îles Ioniennes, d’où il de-vait revenir ensuite dans le détroit de Sicile, pour porter unearmée française de Reggio à Catane, lorsqu’il aurait accomplila première partie de sa mission. Il mit à la voile le 10 février,et disparut sans qu’aucun bâtiment ennemi fût signalé. Avecla composition de sa flotte, et dans l’état des forces ennemiesau sein de la Méditerranée, tout lui présageait un résultatheureux. En cas de séparation, le rendez-vous était à lapointe de l’Italie, vis-à-vis les côtes de l’Épire, ayant pourrefuge le golfe de Tarente, les bouches du Cattaro, et Corfoumême, premier but de l’expédition.