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[Vol. 4.]
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AR ANJUEZ.

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aperçu, plongea dans le golfe de Gascogne, doubla heureuse-ment le cap Ortegal, contourna toute l’Espagne, arriva en vuedu resserrement des côtes d’Europe et d’Afrique, et, par unenuit obscure et un vent affreux de l’ouest, se jeta hardimentdans ce détroit, si bien gardé, que l’amiral Rosily ne pouvaity paraître sans qu’il se couvrît de voiles anglaises. Il y a long-temps qu’on a dit que la fortune seconde les audacieux; cettefois du moins elle n’y manqua pas, et en peu d’heures l’ami-ral Allemand se trouvait avec toute sa division en pleine Mé-diterranée, ayant passé devant Gibraltar et Ceuta sans êtreaperçu. Le 3 février il paraissait en vue de Toulon, et faisaitsignal à l’amiral Ganteaume de partir, pour aller tous ensem-ble au but marqué par l’Empereur. La joie de ce brave marinétait au comble d’avoir opéré si heureusement une traverséesi périlleuse.

La division espagnole de Carthagène, beaucoup moins ob-servée que celle de l’amiral Rosily, parce qu’elle était à plusde cent lieues du détroit, et qu’on ne faisait pas alors à lamarine espagnole l’honneur de la croire entreprenante, la di-vision de Carthagène avait peu de difficultés à vaincre poursortir. Elle avait donc pu lever l’ancre et faire voile vers Tou-lon, conformément aux ordres de Napoléon. Elle était com-mandée par l’amiral Valdôs, et se composait d’un vaisseau àtrois ponts fort beau, d’un quatre-vingts, de quatre soixante-quatorze. Après trois ans d’immobilité dans le port, elle avaitses carènes sales, était médiocrement pourvue en équipages,et ne portait pas pour trois mois de vivres. Soit qu’on lui eûtdonné l’ordre secret de ne pas remplir sa mission, soit que latimidité des marins espagnols fût devenue extrême, elle avaitnavigué autour des Raléares, pour y trouver au besoin unasile, et, à la première apparition d’une voile anglaise, elles’y était réfugiée, mandant à son gouvernement, qui s’étaithâté de le faire savoir à Paris, qu’elle était bloquée, et qu’ellene savait pas quand il lui serait possible de reprendre la mer.

Janr. 1808.

Sortiede la iiottede Carthagèneet sa retraiteaux liesBaléares.