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[Vol. 4.]
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LIVRE XXIX.

Fév. 1809. l’opinion, avait déconcerté les accusateurs, et inspiré un in-térêt général : car, bien que la procédure fût secrète, les dé-tails en étaient connus tous les jours, et se transmettaient debouche en bouche avec une rapidité que la passion la plusvive peut seule expliquer, dans un pays sans journaux etpresque sans routes. Les juges commençant à chanceler, onleur avait adjoint un renfort de magistrats qu’on supposait dé-voués , pour rendre la condamnation plus certaine. Le fiscaldon Simon de Viegas s’était conformé à l’ordre qu’il avait reçude requérir la peine de mort contre les accusés. La cour, cir-e(T orts convenant de toutes les manières les juges sur lesquels ellepour'sédnîîe avait cru pouvoir compter, leur demandait de prononcer la

et intimider . .

les juges, condamnation requise par le fiscal, non pour la faire exécuter,mais pour donner au roi l’occasion d’exercer sa clémence. Onne poursuivait qu’un but, disait-on : c’était de rendre plusrespectable l’autorité royale, en punissant d’un arrêt de mortla pensée seule de lui manquer, et de la rendre plus chèreaux peuples, en faisant émaner d’elle un grand acte de clé-mence envers les condamnés. C’était, en effet, le projet de lacour d’obtenir une condamnation à mort pour ne point lafaire exécuter. Mais personne ne comptait assez sur elle pourlui confier la tête des hommes les plus honorés de la gran-desse espagnole, et l’opinion publique d’ailleurs, prête à sedéchaîner contre les juges prévaricateurs qui livreraient l’in-Nobie nocence, était plus imposante que la cour. L’un des juges,des ( parent du ministre de grâce et de justice, don Eugenio Cabal-

m&gistrâts»

lero, atteint d’une maladie mortelle, ne voulut pas rendre ledernier soupir sans avoir émis un avis digne d'un grand ma-gistrat. Il pria ses collègues composant le tribunal extraordi-naire de se transporter dans sa demeure, pour délibérer prèsde son lit de mort. Quand ils furent réunis, don Eugenio sou-tint qu’il était impossible de juger les complices d’un délit vraiou faux sans l’auteur principal, c’est-à-dire sans le prince desAsturies, et que, d’après les lois du royaume, ce prince ne