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[Vol. 4.]
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LIVRE XXIX.

Ttr. t808. faiblesse même, puisqu’il n’avait su dominer son entouragequ’en promettant ce qu’il ne pouvait pas tenir. Alexandre n’a-joutait pas cela, mais il était évident que, si on ne venait pasà son secours, en accordant ce qu’il avait imprudemment laisséespérer à la nation, il serait cruellement blessé, son ministreRomanzoff aussi, et que, si le brusque changement de politiqueopéré à Tilsit était trop récent pour qu’on osât s’en permet-tre un autre tout aussi brusque, on n’en garderait pas moinsau fond du cœur une blessure profonde, toujours saignante,et que bientôt de nouvelles guerres pourraient s’ensuivre.

M. de Caulaincourt, en affirmant avec son honnêteté impo-Efforts santé la bonne foi de Napoléon, en assurant que tout s’éclair-tain court cirait, en rejetant sur un malentendu, sur la susceptibilité

pour rassurer 1 * 71

Alexandre" ombrageuse de M. de Tolstoy, les fâcheux rapports arrivés deParis, parvint à remettre un peu de calme dans l’âme de l’em-pereur Alexandre. Celui-ci finit par s’en prendre à M. de Tol-stoy lui-même, à sa maladresse, à ses mauvaises dispositions,et déclara devant M. de Caulaincourt qu’il ne manquerait pas,s’il trouvait encore M. de Tolstoy, comme jadis M. de Markoff,occupé à brouiller les deux cours, de faire un exemple écla-tant de ceux qui prenaient à tâche de le contrarier, au lieu des’appliquer à le servir. L’empereur Alexandre avait paru fortsensible aux magnifiques cadeaux de porcelaine de Sèvres en-voyés à Saint-Pétersbourg, à la cession de cinquante mille fu-sils, à la réception des cadets russes dans la marine française.Mais rien ne touchait ce cœur, plein d’une seule passion, quel’objet de sa passion même. Les provinces du Danube ou rien,voilà ce qui était sur son visage comme dans son âme. vive-ment éprise d’ambition et de renommée.

Du reste M. de Caulaincourt, pour savoir au juste si la na-tion partageait les sentiments de son souverain, envoya à Mos-cou l’un des employés de l’ambassade, afin de recueillir cequ’on y disait. Cet employé, transporté au milieu des cerclesde la vieille aristocratie russe, où le langage était plus naïf et