ARANJUEZ.
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ami malheureux qu’on l’accusait d’avoir déjà trop sacrifié, les f«?v. isos.acquisitions qu’on lui permettait de faire sur le Danube. —
Ces malheureux Prussiens, dit Alexandre à M. de Caulaincourt,n’ont pas de quoi manger. Délivrcz-moi de leurs importunités,et je n’aurai plus rien qui me trouble dans mes relations avecla France. D’ailleurs que ferait Napoléon de la Silésie? La gar-derait-il pour lui? Mais ce serait devenir mon voisin, et lesvoisins, il me l’a déclaré lui-même, ne sont jamais des amis.
A quoi lui servirait une province si éloignée de son empire?
Qu’il prenne autour de lui, près de lui, tout ce qu’il voudra,je le trouve naturel et bien entendu. Il a pris l’Etrurie; il va,dit-on, prendre les États romains; il médite on ne sait quoisur l’Espagne ! soit. Qu’il fasse au Midi ce qui lui convient,mais qu’il nous laisse faire au Nord ce qui nous convient éga-lement , et qu’il ne se rapproche pas tant de nos frontières.
S’il ne veut pas la Silésie pour lui, la pourrait-il donner àquelqu’un qui me vaille? Assurément non, et en la rendantaux Prussiens, ce qui est la plus simple des solutions, il nefaut pas qu’en revanche il me refuse ce qu’il m’a promis. IItromperait ainsi non-seulement mon attente, mais celle de lanation russe, qui estimerait que la Finlande ne vaut pas laguerre qu’elle va lui coûter avec l’Angleterre et fa Suède, quidirait que j’ai été dupe du grand homme avec lequel je mesuis abouché à Tilsit; qu’on ne peut le rencontrer sans dan-ger, ni sur un champ de bataille, ni dans une négociation; etqu’il eût mieux valu, sans continuer une guerre impolitiqueet dangereuse, se séparer en paix, mais avec l’indifférence etla froideur que justifient les distances.
Tel avait été, et tel était tous les jours le langage de l’em-pereur Alexandre à M. de Caulaincourt. Il n’ajoutait pas que,si on lui avait laissé espérer les provinces du Danube, c’étaitsans les lui promettre, et que si d’une simple espérance la na-tion russe, trompée par des bruits de cour, avait fait un en-gagement formel, le tort en était à lui, à son indiscrétion, à sa
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