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LIVRE XXIX.
t'ev. 1808. des Pyrénées Ja politique de Louis XIV. Du reste, si on s’étaitborné à donner aux Russes la Moldavie et la Valachie sans laBulgarie, c’est-à-dire à les mener jusqu’aux bords du Danube,en prenant soin de les y arrêter ; si en même temps on avaitprocuré aux Autrichiens la Bosnie, la Servie, la Bulgarie,pour les opposer aux Russes en les plaçant eux-mêmes sur lechemin de Constantinople, le mal n’eût pas été à beaucoupprès aussi grand. L’Albanie, la Morée auraient été pour laFrance une belle compensation, et l’on n’aurait pas achetétrop cher la concession qu’on était obligé de faire pour s'as-surer l’alliance russe. Le langage quotidien de l’empereurAlexandre et de M. de Romanzoff ne laissait aucun doute surleur acquiescement à ces conditions. Il fallait donc s’y tenir,payer l’alliance russe, puisqu’on s’en était fait un besoin,mais ne pas pousser plus loin le démembrement de la vieilleEurope, ne pas contribuer davantage à la croissance du jeunecolosse sorti des glaces du pôle, et grandissant depuis unsiècle à épouvanter le monde.
Cependant Napoléon, soit qu’il voulût occuper l’imaginationd’Alexandre, soit que, réduit à la nécessité d’un sacrifice, ilcherchât à l’envelopper dans un immense remaniement, soitenfin qu’il songeât à tirer des circonstances, outre le renver-sement de la dynastie des Bourbons, l’acquisition entière desrivages de la Méditerranée, Napoléon ne crut pas devoir s’entenir au simple abandon de la Moldavie et de la Valachie, quiaurait tout arrangé, et consentit à laisser soulever la ques-tion immense du partage complet de l’empire ottoman. Dansle moment les Turcs excités secrètement par l’Autriche, pu-bliquement par l’Angleterre, l’une et l’autre leur disant que JaFrance allait les sacrifier à l’ambition russe, les Turcs se con-duisaient de la manière la plus odieuse envers les Français,faisaient tomber la tête de leurs partisans, n’osant faire tom-ber celles de leurs nationaux, se comportaient en un mot enbarbares furieux, ivres de sang et de pillage. Napoléon, ex-