Band 
[Vol. 4.]
Seite
351
JPEG-Download
 

ARANJUF.Z.

351

aspéré contre eux, se décida entin à écrire à l’empereurAlexandre une lettre dans laquelle il annonçait l’intention d’a-border la question de l’empire d’Orient, de la traiter soustoutes ses faces, de la résoudre définitivement; dans laquelleil exprimait aussi le désir d’admettre l’Autriche au partage,et posait pour condition essentielle de ce partage, quel qu’ilfût, partiel ou total, plus avantageux pour ceux-ci ou pourceux-là, une expédition gigantesque dans l’Inde, à travers lecontinent d’Asie, exécutée par une armée française, autri-chienne et russe. C’est M. de Caulaincourt qui remit à l’em-pereur Alexandre la lettre de Napoléon. Le czar était avertidéjà par une dépêche de M. de Tolstoy du changement favo-rable survenu à Paris, et il accueillit l’ambassadeur de Franceavec des transports de joie. 11 voulut lire sur-le-champ, et de-vant lui, la lettre de Napoléon. 11 la lut avec une émotion qu’ilne pouvait pas contenir. — Ah! le grand homme! s’écriait-ilà chaque instant, le grand homme! Le voilà revenu aux idéesde Tilsit! Dites-lui, répéta-t-il souvent à M. de Caulaincourt,que je lui suis dévoué pour la vie, que mon empire, mes ar-mées , tout est à sa disposition. Quand je lui demande d’ac-corder quelque chose qui satisfasse l’orgueil de la nation russe,ce n’est pas par ambition que je parle, c’est pour lui donnercette nation tout entière, et aussi dévouée à ses grands pro-jets que je le suis moi-même. Votre maître, ajoutait-il, veutintéresser l’Autriche au démembrement de l’empire turc : ila raison. C’est une sage pensée, je m’y associe volontiers. Ilveut une expédition dans l’Inde, j’y consens également. Je luien ai déjà fait connaître les difficultés dans nos longs entre-tiens à Tilsit. 11 est habitué à ne compter les obstacles pourrien; cependant le climat, les distances en présentent ici quidépassent tout ce qu’il peut imaginer. Mais qu’il soit tranquille,les préparatifs de ma part seront proportionnés aux difficul-tés. Maintenant il faut nous entendre sur la distribution desterritoires que nous allons arracher à la barbarie turque.

t-ev. 1808.

Le partagede J’empireturc misen discussionsous

la conditionessentielled’une expéditiondans l’Inde.

Joie

d’Alexandreen recevantune lettrede IVapoltfon.