ÀRANJUEZ.
353
siècle et l’humanité.—Après d’incroyables témoignages de sa- F*- isœ.tisfaction et de dévouement à la France, M. de Romanzoff vou-lut enfin aborder cette difficile question du partage. Alors com-mencèrent les embarras, la confusion môme, il faut le dire.
Mettre audacieusement la main sur les vastes contrées qui im-portent tant à l’équilibre du monde, et qui appartiennent nonpas seulement aux stupides possesseurs qui les font vivredans la barbarie et la stérilité, mais bien plus encore à l’Eu-rope elle-même, si puissamment intéressée à leur indépen-dance; mettre la main sur ces contrées, même en pensée,embarrassait l’avide ministre russe qui les dévorait de ses dé-sirs, et le ministre français qui les livrait par nécessité aumonstre de l’ambition moscovite. Bien que l’un et l’autre fus-sent munis de leurs instructions, et sussent quoi penser, quoidire sur le sujet qui les réunissait, néanmoins aucun ne vou-lait proférer le premier mot. Le plus affamé devait parler lepremier, et il parla. Il parla dans cette entrevue et dans plu-sieurs autres, en toute liberté, avec une audace d’ambitioninouïe.
Deux plans se présentaient : d’abord un partage partiel, qui neuxpians
île partage,
laisserait aux Turcs la portion de leur territoire européen s’é- „ 1 '«» pattfei,
1 r I autre complet.
tendant des Balkans au Bosphore, par conséquent les deuxdétroits et la ville de Constantinople, plus toutes leurs pro-vinces d’Asie; ensuite un partage complet, qui ne laisseraitrien aux Turcs de leur territoire d’Europe, et leur enlèveraittoutes celles des provinces d’Asie que baigne la Méditerranée.
Le premier plan était celui qui semblait avoir occupé les Avantagesdeux empereurs à Tilsit. Il présentait peu de difficultés. La inconvénients
1 11 du premier
France devait avoir toutes les provinces maritimes, l’Albanie pi™<i«partage,qui fait suite à la Dalmatie, JaMorée, Candie. La Bussie de-vait acquérir la Moldavie et la Valachie qui forment la gauchedu Danube, la Bulgarie qui en forme la droite, et s’arrêterainsi aux Balkans. L’Autriche, pour se consoler de voir lesBusses établis aux bouches du Danube, devait obtenir la BOS-TON. vni. 23