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[Vol. 4.]
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LIVRE XXIX.

Fév. 1808.

Conférencesde M, deRomanzoffet de M. deCaulaincourtsur le partagede i’empired’Orient.

Traitez ce sujet à fond avec M. de Romanzoff. Néanmoins il nefaut pas nous le dissimuler, tout cela ne pourra se traiter uti-lement, définitivement, que dans un téte-à-tôte entre moi etNapoléon. Il faut commencer par examiner le sujet sous tou-tes ses faces. Dès que nos idées auront acquis un commence-ment de maturité, je quitterai Saint-Pétersbourg, et j’irai àla rencontre de votre Empereur aussi loin qu’il le voudra. Jedésirerais bien aller jusqu’à Paris, mais je ne le puis pas; etd’ailleurs c’est un rendez-vous d’affaires qu’il nous faut, etnon un rendez-vous d’éclat et de plaisir. Nous pourrions choi-sir Weimar, où nous serions au sein de ma propre famille.Cependant là encore nous serions importunés de mille soins.A Erfurt nous serions plus isolés et plus libres. Proposez celieu à votre souverain, et, sa réponse arrivée, je partirai àl’instant même, je voyagerai comme un courrier. — En disantces choses et mille autres inutiles à rapporter, l’empereur,plein d’une joie dont il n’était pas maître, reconnut que M. deCaulaincourt avait raison quelque temps auparavant en cher-chant à le rassurer sur les intentions de Napoléon, et en im-putant le désaccord momentané dont il se plaignait à de pursfnalentendus. 11 répéta de nouveau qu’il voyait bien que c’étaitM. deTolstoy qui avait été cause de ces malentendus, que cetambassadeur était gauche, emporté, peut-être même indocileà la nouvelle politique du cabinet russe; qu’il voulait le chan-ger , en envoyer un autre qui serait tout à fait du goût de Na-poléon, mais qu’il ne savait où le prendre; que partout il ren-contrait des esprits récalcitrants ; qu’il finirait bien cependantpar les soumettre, quelque sévérité qu’il fallût déployer pourles faire marcher dans le grand système de Tilsit.

M. de Caulaincourt ne trouva pas le vieux M. de Romanzoffmoins vif, moins jeune dans l’expression de sa joie. — Nousvoici enfin revenus aux grandes idées de Tilsit, répéta-t-il àM. de Caulaincourt. Celles - là, nous les comprenons, nous yentrons; elles sont dignes du grand homme qui honore le