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LIVRE XXIX.
FeV. 1808.
Satisfactionproduiteà Saint-Pé-tersbourg parla réunionde la Finlandeà l’Empire.
à Stockholm. Alexandre répondit avec la dignité convenableà cette étrange conduite ; il laissa partir avec des égards in-finis M. de Steding, ambassadeur de Suède à Saint-Péters-bourg , vieillard respecté de tout le monde ; mais il se vengeaautrement, et plus habilement. Il profita de l’occasion, et pro-nonça la réunion de la Finlande à l’empire russe. Cette con-quête a été l’unique résultat des grands projets de Tilsit, maisseule elle suffit pour justifier la politique que suivait en cemoment l’empereur Alexandre, et elle est la preuve que laRussie ne peut conquérir qu’avec la complicité de la France.
Malgré le dédain que les Russes avaient affecté pour la con-quête de la Finlande, le fait lui-même, qui semblait con-sommé quoiqu’il restât encore bien du sang à verser, le faittoucha vivement les esprits à Saint-Pétersbourg. On remarquaque, n’ayant essuyé que des défaites au service de l’Angle-terre, on venait, après quelques mois seulement d’amitié avecla France, d’acquérir une importante province, peu cultivéeet mal peuplée, il est vrai, en quoi elle ressemblait assez aureste de l’empire, mais admirablement située comme frontièrede terre et de mer, et on commença à espérer que la poli-tique de l’alliance française pourrait être aussi féconde qu’onse l’était promis. L’empereur et son ministre étaient rayon-nants. Leurs censeurs ordinaires, MM. de Czartoryski, de No-wolsillzoff, étaient moins dédaigneux et moins amers dansleurs critiques. La société de Saint-Pétersbourg elle-mêmemarquait son contentement à M. de Caulaincourt par des égardstout nouveaux, adressés non-seulement à sa personne quel’estime publique environnait, mais aussi à son gouvernementdont on commençait à être satisfait.
L’empereur et M. de Romanzoff, qui venaient d’apprendrel’invasion de l’Etrurie et du Portugal, les mouvements de trou-pes vers Rome et vers Madrid, et qui ne pouvaient pas douterque ces mouvements n’eussent un motif fort sérieux, n’en par-lèrent qu’avec une singulière légèreté, sans apparence de