ARANJUEZ.
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tes celles dont nous venons de parler, et ayant pour but de *'<*'■ 1808 -
corriger le seul inconvénient du plan qu’il avait définitivement pour corriger
# l'inconvénient
adopté. Il y avait à Cadix une belle division française, capable d* S0lt P lan -
d’en dominer le port et la rade. Il résolut de l’employer à re-tenir les Bourbons au moment où ils chercheraient à s’embar-quer, et après les avoir poussés par la peur d’Aranjuez àCadix, de les arrêter par la force à Cadix même, avant qu’ilseussent pris sous l’escorte des Anglais la roule de la Vera-Cruz. En conséquence, à la date du 21 février, il expédia pour Ordrel’amiral Bosily une dépêche chiffrée, portant l’ordre exprès Ro ®“^“"® terde prendre dans la rade de Cadix une position telle qu’on pûtintercepter le départ de tout bâtiment, et d’arrêter la famille '“Amériqueroyale fugitive, si elle voulait imiter la- folie, disait ia dépêche,de la cour de Lisbonne ’.
Assurément, si on jugeait ces actes d’après la morale ordi-naire qui rend sacrée la propriété d’autrui, il faudrait les'flé-trir à jamais, comme on flétrit ceux du criminel qui a touchéau bien qui ne lui appartient point; et même en les jugeantd’après des principes différents, on ne peut que leur infligerun blâme sévère. Mais les trônes sont autre chose qu’une pro-priété privée. On les ôte ou on les donne par la guerre ou lapolitique, et quelquefois au grand avantage des nations donton dispose ainsi arbitrairement. Seulement il faut prendregarde, en voulant jouer le rôle de la Providence, d’v échouer,d’être ou odieux ou malheureux en voulant être grand, et dene pas atteindre les résultats qui devaient vous servir d’ex-cuse. Il faut enfin se défier de toute entreprise si peu avouablequ’on est réduit à y employer la fourberie et le mensonge.
Napoléon raisonnait sur ce qu’il allait faire comme raisonnetoujours la politique ambitieuse. Cette nation espagnole, sifière, si généreuse, méritait, se disait-il, un plus noble sort
’ On trouvera à la fin de ce volume une note qui expose comment je suisparvenu à découvrir le secret de toutes les machinations restées jusqu’ici en-tièrement inconnues.