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[Vol. 4.]
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LIVRE XXIX.

Tév. 1808.

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Arrivéede Murat àBayonne.

que celui d’étre asservie à une cour incapable et avilie; elleméritait d’étre régénérée; régénérée, elle pourrait rendre degrands services à la Franco et à elle-même, aider au renver-sement de la tyrannie maritime de l’Angleterre,- contribuer àl’affranchissement du commerce de l’Europe, être appelée en-fin à de belles et vastes destinées. S’interdire tout cela pourun roi imbécile, pour une reine impudique, pour un favoriabject, c’était plus qu’on ne pouvait attendre d’une volontéimpétueuse qui s’élançait vers le but, comme l’aigle sur saproie, dès qu’il l’avait aperçue des hauteurs où il habi-tait. Le résultat devait prouver à quel danger on s’exposelorsqu’on veut jouer un de ces rôles si au-dessus de l’huma-nité , lorsqu’on veut se- tenir pour dispensé de respecter lavie, le bien des hommes, sous prétexte du but vers lequelon marche.

Murat avait exécuté avec une parfaite soumission les ordresde Napoléon transmis par le ministre de la guerre. Parti sur-le-champ pour Bayonne, il était arrivé en cette ville le 26,comme le lui prescrivaient ses instructions. Son départ avaitété si brusque, qu’il n’avait avec lui ni état-major, ni che-vaux pour son service personnel. Il n’était suivi que des aides-de-camp qui devaient accompagner un officier de son grade,maréchal, grand-duc et prince impérial tout à la fois. Il lesavait envoyés en tous sens pour connaître l’emplacement etla situation des corps, se mettre en communication avec eux,et attirer à lui la direction des choses. Le mystère que Napo-léon avait observé dans ses instructions blessait sa vanité;mais il entrevoyait si bien le but, et le but lui plaisait telle-ment , qu’il n’en demanda pas davantage, et se mit à l’œuvreafin d’exécuter ponctuellement les volontés de son maître.

Bayonne présentait un spectacle de confusion, car il n’exis-tait pas sur ce point l’immense attirail militaire que quinzeans de guerres avaient permis d’accumuler sur la frontièredu Rhin ou des Alpes, et il avait fallu tout \ créer a la fois.