ARANJUEZ.
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A peine Murat était-il entré en Espagne que deux lettres Mars iaos.de son ami, le prince de la Paix, étaient venues le trouver, Lettres
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coup sur coup, pour le féliciter, et le questionner tout à la de àfois. Le désir d’y répondre, qui en toute autre circonstance re ^ e 0 s ns 8 " nseût été vif chez l’impétueux Murat, fut facilement surmontépar la crainte de resserrer ses liens avec un personnage aussiimpopulaire, et par la crainte plus grande encore de déplaireà Napoléon. Les deux lettres demeurèrent sans réponse. Dureste, les questions du prince de la Paix n’étaient pas lesseules auxquelles fût exposé Murat. Les autorités civiles, mi-litaires, ecclésiastiques, accourues autour de lui pour le voiret le fêter, provoquaient de mille façons détournées son in-discrétion naturelle. Mais il se contenait, d’abord parce qu’ilignorait les projets de Napoléon, et secondement parce quele but général qu’il entrevoyait était si grave, qu’il aurait suffide moins d’esprit de conduite qu’il n’en avait pour savoir setaire. Toutefois son dépit de se trouver au milieu de ce tumulte,sans autres instructions que des instructions militaires, étaitextrême. Aussi, à peine rendu en Espagne, ne manqua-t-il ^ ei noru ^pas d’écrire à Napoléon tout ce qui en était de la situation , parvenudes troupes, de leur dénûment, de leurs maladies, du bonaccueil des Espagnols, de l’impopularité du prince de la Paix,de l’enthousiasme des Espagnols pour Napoléon, de la facilitéde faire en Espagne tout ce qu’on voudrait, mais de la néces-sité de se fixer sur ce qu’on voulait faire, et de l’embarrasde rester sans instructions en présence des événements quise préparaient. — Je croyais, Sire, écrivait-il à Napoléon,je croyais, après tant d’années de services et de dévouement,avoir mérité votre confiance, et, revêtu surtout du comman-dement de vos troupes, devoir connaître à quelles fins ellesallaient être employées. Je vous en supplie, ajoutait-il,donnez-moi des instructions. Quelles qu’elles soient, ellesseront exécutées. Voulez-vous renverser Godoy, faire régnerFerdinand, rien n’est plus facile. Un mot de votre boucheTOM. VIII. 25