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LIVRE XXX.
Mars 1608. Sur-le-champ Napoléon fit appeler auprès de lui le général^Mission^ Savary, employé déjà dans les missions les plus redoutables,pouMWcutfon et d u ' dans le moment revenait de Saint-Pétersbourg, où ildc C N?poicon avait, comme on l’a vu, fait preuve de souplesse autant quesur i Espagüe. <jt a p] om y, Napoléon lui révéla toutes ses pensées à l’égard del’Espagne, son désir de la régénérer et de la rattacher à laFrance en changeant sa dynastie, les embarras qui résultaientde cette entreprise, alternativement contrariée ou secondéepar les événements, la phase nouvelle qu’elle présentait de-puis la révolution d’Aranjuez, la possibilité enfin de la con-duire à la fin désirée, en se servant de Charles IV contre Fer-dinand VII. Napoléon exprima au général Savary l’intentionde ne pas reconnaître le fils, d’affecter pour l’autorité du pèreun respect religieux, de maintenir cette autorité le tempsnécessaire*pour s’emparer de la couronne, en se la faisanttransmettre tout de suite ou plus tard, selon les circonstan-ces; de tirer Ferdinand VII de Madrid pour l’amener à Burgosou à Bayonne, afin de s’assurer de sa personne, et d’en obte-nir la cession de ses droits moyennant une indemnité en Ita-lie , telle que l’Étrurie par exemple. î^apoléon ordonna au gé-néral Savary de s’y prendre avec ménagement, d’attirer Fer-dinand à Bayonne par l’espérance de voir le litige vidé en safaveur; mais, s’il s’obstinait, de publier brusquement la pro-testation de Charles IV, de déclarer que lui seul régnait enEspagne, et de traiter FerdinandVII en fils et en sujet rebelle.Les moyens les moins violents devaient toujours être pré-férés '. Napoléon voulut que le général Savary se rendit à l’ins-
1 On a nié que le général Savary eut reçu cette mission, et que Napoléonl'eût donnée. On a voulu que la déplorable scène de Bayonne soit sortie dubusard des événements; que la famille royale d’Espagne, père, mère, fils,frère, oncles, soient tous venus par une sorte d'entrainement involontairese jeter dans les mains de Napoléon, qui, les tenant une fois réunis, n’auraitpas résisté à la tentation de se saisir de leurs personnes. Je ne sais si Napo-léon serait beaucoup plus excusable dans cette hypothèse que dans l’autre.Quoi qu'il en soit, les preuves existent, et ne laissent sur ce sujet aucun